L’éolien s’arrête en France, le solaire dépasse 3 GW mais…

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La France s’apprête à engager un grand débat sur l’énergie, avec l’annonce de la feuille de route de la nouvelle ministre de l’Environnement et de premières échéances prévues cet été. Mais sur le solaire et l’éolien, le gouvernement Ayrault va devoir gérer en urgence les conséquences des décisions prises par l’ancien gouvernement Fillon. Ces deux marchés sont en crise depuis plusieurs mois et les statistiques récentes sont très négatives, d’après le Commissariat général au développement durable (CGDD).

Sur le front éolien, les raccordements de parcs se sont quasiment arrêtés au 1er trimestre. Le France comptait, à fin mars dernier, 6,87 GW de fermes éoliennes, contre 6,79 GW (chiffre révisé) trois mois plus tôt. Soit une hausse de 1% !

Des craintes qui se réalisent sur l’éolien

Entre janvier et mars, seulement 78 MW ont donc été connectés au réseau, c’est à dire une puissance infime comparée aux 200 à 350 MW par trimestre affichés il y a encore quelque temps. Le marché montrait des signes de ralentissement dès 2010, et durant toute l’année 2011 (au premier semestre comme au deuxième). Cette fois, il cale véritablement.

Les craintes exprimées par la filière se réalisent. Et le CGDD confirme dans sa note trimestrielle : « Les nouvelles capacités raccordées au cours du premier trimestre 2012 sont en repli de 71 % par rapport à la même période 2011. »

En 2009 et 2010, la France était sur un rythme de raccordement annuel compris entre 1.000 et 1.200 MW. En 2011, la cadence était tombée à 790 MW. Le rythme 2012 pourrait donc ralentir à nouveau, alors qu’il faudrait plus de 1.300 MW supplémentaires par an d’ici à 2020 pour respecter les objectifs du Grenelle de l’environnement.

Source : CGDD - juin 2012

Une baisse solaire d’ici à la fin de l’année ?

Sur le front solaire, la dynamique observée ces derniers trimestres, catalysée par les projets antérieurs au moratoire, semble s’estomper, annonçant un probable ralentissement. Le parc photovoltaïque atteint 3,2 GW à fin mars dernier, contre 2,9 GW (chiffre révisé) fin décembre 2011. Soit un volume trimestriel de 300 MW supplémentaires. « Les nouvelles capacités installées en ce début d’année connaissent toutefois un fléchissement de 14 % par rapport au premier trimestre 2011 », remarque le CGDD.

C’est une première dans la jeune vie du marché solaire français : le rythme trimestriel baisse d’une année sur l’autre. Il est encore trop tôt pour donner une explication précise de cette situation. Mais mécaniquement, le marché devrait s’essouffler d’ici à la fin de l’année, contrastant avec son accélération de 2011.

Depuis un an et la fin du moratoire, trois moteurs alimentent les raccordements de centrales solaires. D’abord les projets qui n’ont pas été touchés par le moratoire, et doivent être construits d’ici à mi 2012. Ensuite les projets en toiture inférieurs à 100 kW, soit un volume moyen égal ou inférieur à 150 MW par trimestre. Et enfin, les projets supérieurs à 100 kW qui sont ou seront sélectionnés par les appels d’offres, soit pour l’instant seulement 45 MW…

Source : CGDD - juin 2012