Initiative européenne sur le solaire organique

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En pleine crise du photovoltaïque en Europe, les initiatives technologiques continuent malgré tout à émerger. En témoigne la création d’un pôle d’excellence sur le solaire organique – troisième génération photovoltaïque à peine émergente – ces dernières semaines dans la vallée du Rhin. Un pôle qui incarne peut-être la seule attitude que l’Europe puisse adopter sur ce marché face à ses concurrents américains et asiatiques : la coopération !

L’Union européenne milite de plus en plus pour des soutiens nationaux plus cohérents sur les énergies vertes. Le pôle d’excellence Rhin-Solar est justement une initiative européenne qui réunit des forces installées dans trois pays : France, Allemagne, Suisse. Plateforme technologique et scientifique lancée sur trois ans, Rhin-Solar entre dans le cadre du programme européen Interreg IV Rhin Supérieur « Dépasser les frontières : projet après projet ».

Un budget de 4 millions d’euros

Le pôle est doté d’un budget global modeste de 4 M€, dont 1,7 M€ venant de Bruxelles (fonds Feder) et 550.000 € de la Confédération suisse, des cantons de Bâle-Ville et de Bâle-Campagne. Treize partenaires sont engagés, avec des compétences transversales : la recherche, l’énergie, l’industrie (instituts, universités, entreprises et pôles de compétitivité).

En France se retrouvent notamment le CNRS, le pôle Alsace Energivie, les Universités de Strasbourg ou encore l’entreprise spécialiste de l’étanchéité Soprema et la société de nanotechnologies RBnano. Parmi les autres partenaires, citons l’Université de Bâle, le cluster i-net Basel, l’institut Fraunhofer ISE de Fribourg ou l’entreprise allemande Rowo.

Cette initiative incarne un double espoir : une technologie solaire émergente prometteuse et un symbole de la construction d’une Europe des projets d’avenir. Rhin-Solar est certes loin de devenir le EADS du solaire mais il incarne une vraie dynamique transfrontalière.

Une technologie d’avenir

Sur la question technologique, le solaire organique – doté de cellules organiques (carbone, etc.) – promet une petite révolution énergétique. Il vise des applications d’autoconsommation, nomades ou en sites localisés : alimenter en énergie verte des objets électroniques, des vêtements et des sacs, des tentes, du mobilier urbain, etc. Les débouchés sont énormes, avec une ressource solaire illimitée pour des besoins électriques limités.

En cela, l’approche organique est plutôt complémentaire du photovoltaïque de première (silicium) et deuxième (couches minces) générations, réservé à des centrales d’énergie. Même si sur le segment du bâtiment, la concurrence pourrait être un jour plus rude.

Le solaire organique est flexible, léger, fin et peut être très personnalisable. Même si ses rendements sont encore faibles – moins de 12% – sa production est promise à des coûts réduits par des techniques d’impression. Des français travaillent déjà sur la question comme Armor ou la start-up Disasolar. Total se veut aussi en pointe, mais a perdu son pari américain sur Konarka.

Pour une Europe qui a besoin d’un avenir

L’Europe possède déjà des pôles d’expertise forts sur le solaire, avec le Fraunhofer Institute of Solar Energy ISE en Allemagne ou le CEA-Ines en France. Dans l’Hexagone, d’autres projets sont encourageants avec, par exemple, l’IPVF, un Institut d’excellence en énergie décarbonée (IEED) et le projet Ines2.

Seul hic, il n’y a pas de grands projets solaires européens, pas plus que de vision commune sur le solaire ou l’énergie. Et l’Europe n’a plus de champions dans le photovoltaïque.