Trois points clés pour Moulinvest

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Suite à l’annonce du lancement d’une augmentation de capital de Moulinvest sur Alternext, où la société espère lever 3,5 M€ en proposant ses actions avec une forte décote, ses dirigeants ont expliqué leur stratégie et leurs ambitions. Scierie familiale qui, en 2010, entame sa diversification, Moulinvest est aujourd’hui dans « une année de transition » après avoir investi près de 20 M€ depuis 2009 dans le développement de ses filiales naissantes : le bois énergie et la construction en bois.

Financer ses nouvelles activités

L’entreprise souhaite consolider ses nouvelles activités et elle veut se donner les moyens d’y arriver par cette augmentation de capital. Le prix de 7,20€ par action est, selon ses dirigeants, un argument en plus pour attirer les investisseurs. L’augmentation de capital en cours doit renforcer la trésorerie et la capacité de production, et permettre de démarrer une offensive commerciale pour ses nouveaux produits. « Nous nous inscrivons sur le long terme. Le prix que nous proposons est très attractif et une opportunité pour faire partie d’une entreprise qui va entamer une très forte croissance dans les prochaines années », explique José Brunet, Directeur général scierie.

En effet, selon la note d’analyse financière de Gilbert Dupont et le Groupe Crédit du Nord présentée lors de l’annonce de l’augmentation, Moulinvest pourrait voir une forte croissance de son chiffre d’affaires les prochaines années : 24,7 M€ en 2012, 30,5 M€ en 2013 et 35,9 M€ en 2014. Ses activités dans l’énergie pourraient représenter jusqu’à 50% de son chiffre d’affaires en 2014 contre 1,5% en 2011. Concernant la construction en bois, cette filiale pourrait représenter 0,7 M€ à l’horizon 2014.

La montée en puissance du bois énergie

Depuis mars 2012, l’usine de granulés de bois de Moulinvest a démarré sa production qui atteindra 30 000 tonnes à la fin de cette année et ensuite 80 000 tonnes dans les trois ans. Le groupe, qui veut faire partie du top 3 des producteurs de granulés de bois en France en 2013, réussirait alors à être à égalité de production avec son concurrent Archimbaud. Sur les trois producteurs cotés en Bourse, EO2 a la même capacité de production et Cogra a une capacité de 65 000 tonnes, mais après la construction de sa troisième usine devrait atteindre 100 000 tonnes. Actuellement le plus grand fabricant de l’Hexagone est NEeco, groupe formé par la fusion des sociétés Déshy-Drôme et Société de granulés d’Arlanc (SGA), avec 120 000 tonnes de capacités.

Sur la cogénération, début 2010, le groupe obtient l’accord de la CRE pour son projet d’une centrale de 3,3 MW électriques et 12,3 MW thermiques. Pendant 20 ans, elle bénéficiera de l’obligation de rachat par EDF de l’électricité produite au tarif de 156€/MWh. Ce qui suppose 4 M€ annuels assurés pour la durée du contrat. Et puisque le groupe tient à profiter de tous les atouts du bois, la vapeur, produite par sa centrale, est utilisée pour le séchage afin de produire des pellets.

Consolider le secteur construction avec des clients de taille

Comme sur le secteur de granulés, la France est en retard sur la construction en bois : la part de marché du bois dans le bâtiment est estimée à 10% tandis qu’elle est de 30% en Allemagne ou de 90% en Amérique du Nord. Ce rapport doit changer grâce notamment aux réglementations nationales et européennes. Moulinvest développe donc, sous le nom MassifBois, ses produits pour la construction en bois qu’il espère voir profiter d’un marché en pleine croissance. Selon une étude réalisé par le groupe Xerfi, le pourcentage de construction de maisons bois passera de 5% en 2006-2007 à entre 15 et 20% vers 2015.

Le groupe compte déjà des clients tels que Point P (groupe Saint Gobain), Samse, Wolseley ou Nebopan.