Energies marines : Vattenfall, Babcock, Abengoa, alliés pour faire des vagues (Premium)

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Les énergies marines pourraient totaliser 3,6 GW en 2020 selon l’association European Ocean Energy, et les leaders industriels commencent à y croire. Comme le prouve la création de la joint-venture Nautimus par trois poids-lourd européens de l’énergie : ...

 la compagnie d’énergie suédoise Vattenfall, l’un des leaders de l’éolien offshore (50%), le premier groupe d’ingénierie britannique Babcock (25%), et le spécialiste espagnol du solaire Abengoa (25%).

Ils veulent faire de Nautimus, qui sera basée en Ecosse, la première société d’ingénierie au monde dédiée à l’énergie houlomotrice (des vagues) et marémotrice (des marées), pour aider les développeurs à installer des parcs en mer. Nautimus répondra aux besoins en ingénierie, en approvisionnement, et pourrait même construire des projets clés en main pour le compte des compagnies d’énergie.

Bataille navale en préparation

Lorsque ce marché — qui n’existe pas encore — émergera, Nautimus pourrait concurrencer les européens intéressés par les EnR. Notamment Iberdrola, qui avait annoncé en janvier 2010 prendre la tête du projet Ocean Lider, doté d’un budget de 30 millions d’euros sur 3 ans. Son compatriote, Acciona Energy est à la tête du projet de R&D Marina Platform (Marine Renewable Integrated Application Platform), réunissant le danois Dong Energy, le norvégien Statoil, le français Technip, l’italien Progeco, le hollandais Corrosion & Water Control et Bureau Veritas Nederland, et le belge 1-Tech, pour un budget de 12,8 millions d’euros. Coté français, Alstom va aussi développer une ferme de 200 MW au large de l’Ecosse, avec le groupe SSE Renewables (filiale verte de l’énergéticien Scottish Southern Energy).

L’énergie marine pourrait représenter 26 000 emplois directs pour un investissement d’environ 8,5 milliards d’euros dans 10 ans, selon l’European Ocean Energy. Mais elle n’est pour l’instant qu’au stade des prototypes, lancés surtout par plusieurs dizaines de jeunes sociétés qui testent les machines les plus diverses. Selon Ernst & Young, le lancement des hydroliennes sur le marché est imminent et le déploiement commercial pourrait s’engager d’ici à 2015, avec l’appui de grands industriels. Alstom teste une hydrolienne de 20 mètres de haut utilisant la technologie canadienne de Beluga, Siemens va déployer la turbine de 1,2 MW du britannique MCT (la SeaGen), tandis qu’EDF a mis à l’eau une machine de 0,5 MW développée par le coupe franco-irlandais DCNS-OpenHydro.

10 MW aux Shetlands en 2016

Nautimus travaillera en collaboration avec les développeurs de technologies comme Pelamis Wave Power (PWP) et Vattenfall notamment sur leur chantier commun, Aegir, de 10 MW au large des Iles Shetland à installer d’ici 2016. En mars 2012, le suédois, qui développe de très nombreux parcs éoliens offshore mais mise aussi sur les vagues, a annoncé qu’il commençait les tests d’une nouvelle machine au Centre des énergies marines d’Orkney (Emec), au large de l’Ecosse.

Une technologie en croissance pour Javier Camacho, directeur général de la branche énergies marines d’Abengoa. « Dans le solaire à concentration (ou aussi solaire thermique, qui utilise des miroirs, ndlr), nous sommes passés des prototypes à de vastes projets de 1,5 GW en moins de 10 ans. Nous pensons que l’énergie marine peut rencontrer le même succès, d’où notre participation à Nautimus. Si l’énergie marine renouvelable devient une réalité commerciale, il n’y a pas de temps à perdre » explique le directeur dans un communiqué.