Un appel d’offres hydrolien en France avant 2014, mais attention…

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Sabella

Les eaux du Raz Blanchard, à la pointe du Cotentin, vont devenir hautement stratégiques pour le marché européen de l’énergie des courants marins. D’ici à 2014 au plus tard, le gouvernement lancera un appel d’offres pour le développement de fermes d’hydroliennes dans cette zone. Le Raz Blanchard abrite les courants marins les plus puissants d’Europe avec les eaux écossaises, où le marché est déjà ouvert depuis 2009-2010. Pour rattraper l’Ecosse, une feuille de route en trois temps vient d’être présentée par Eric Besson, ministre de l’Industrie et de l’Energie.

Une aubaine pour les entreprises françaises en pointe sur le secteur dont la start-up Sabella, les industriels Alstom et DCNS, ou les étrangers ambitieux comme Siemens et Andritz. Pour autant, il existe un risque que le calendrier présenté par l’Etat ne soit pas respecté. Un peu comme sur l’éolien offshore, où un dispositif d’appel d’offres prévu en 2010 a été finalement lancé seulement en 2011.

Première étape d’ici à fin avril prochain : Lancement par le gouvernement d’une demande d’informations auprès des industriels et des énergéticiens du secteur en vue d’exploiter le potentiel énergétique du Raz Blanchard. D’ici à la fin de l’année, ils devront soumettre des propositions techniques et des schémas financiers.

Deuxième étape d’ici à fin 2012 : RTE va être mandaté pour identifier les solutions de raccordement des champs d’hydroliennes sur la zone. Dans le même temps, l’Etat délimitera les zones d’implantation des parcs.

Troisième étape d’ici à début 2014 : « Lancer avant deux ans un appel d’offres commercial qui tiendra compte de la demande d’informations », annonce Eric Besson. Ce dispositif hydrolien sera lancé sur le modèle de l’appel d’offres éolien offshore en cours.

Les industriels auraient préféré un appel d’offres plus rapide, mais Eric Besson est clair : « L’objectif 2014 est raisonnable. Nous avons des procédures à respecter », indique le ministre. Et de préciser qu’en Ecosse par exemple, une feuille de route avait été lancée en 2009 avant l’octroi des marchés, permettant ainsi à 38 ou 39 entreprises de présenter leurs propositions.

Un risque de retard ?

Mais le risque pour les entreprises est de voir le lancement d’un appel d’offres trainer en longueur, retardant les programmes de développement, les investissements et la mise sur le marché des technologies.

Pour rappel sur l’éolien en mer, le gouvernement a pris des mois de retard sur ses engagements. En 2009, il avait sollicité les préfets pour une consultation sur les zones d’accueil. Au lieu de lancer un appel d’offres en septembre 2010, l’appel à concurrence a été présenté en janvier 2011, avec un lancement officiel en mai 2011. Au final, le gouvernement prévoyait une sélection des projets durant l’été 2011, celle-ci ne sera faite qu’en avril prochain pour une première tranche de 3 GW. Et le deuxième appel d’offres de 3 GW attendu en avril prochain pourrait, lui aussi, subir des retards, selon nos informations.

Un AMI énergies marines à la fin de l’année

Par ailleurs, un appel à manifestations d’intérêt sur les énergies marines sera lancé d’ici la fin de l’année dans le cadre des Investissements d’avenir, a indiqué Eric Besson.