Solaire : la bonification des tarifs pour les panneaux européens mort-née ?

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Encore une déception pour la filière photovoltaïque française : l’instauration d’une bonification de 10% du tarif d’achat pour les installations photovoltaïques utilisant des panneaux « made in Europe » vient d’être reportée sine die par la Direction Générale de l’Energie et du Climat (DGEC, ministère de l’Ecologie), dénonce le syndicat professionnel Enerplan. Cette mesure avait été annoncée par le gouvernement en février dernier, en marge d’une visite de Nicolas Sarkozy à l’usine Photowatt, reprise depuis par EDF. Attendu pour avril, le dispositif risque bien de ne jamais voir le jour.

Autrement dit, les industriels français ne pourront pas bénéficier d’une politique volontariste favorisant les modules solaires « made in France » ou « made in Europe », c’est à dire composés à plus de 60% de composants européens.

« Aucun calendrier n’est prévu pour la mise en oeuvre de cette mesure », écrit la DGEC, citée par Enerplan, soulignant les « difficultés juridiques et techniques importantes » pour la mise en place d’une telle mesure. D’autres pays hésitent moins : l’Italie a déjà adopté un tel dispositif et les Etats-Unis commencent à taxer les panneaux chinois.

Inconstance gouvernementale

« Le gouvernement a donc décidé d’ajourner « sine die » la publication d’un arrêté prévu avant la fin mars », précise Enerplan. Désabusée, l’organisation vilipende la politique aléatoire et l’inconstance du gouvernement sur le photovoltaïque. Au passage, Enerplan s’en prend également aux appels d’offres mis en place pour les installations supérieures à 100 kW : l’annonce des premiers résultats de ces dispositifs traînent en longueur, aggravant les difficultés de la filière, estime l’organisation.

Pire, le segment de marché des puissances supérieures à 250 kW va enregistrer « deux années blanches », prévient Enerplan. Une longue période d’activité au ralenti, entre le début du moratoire en décembre 2010 et le démarrage concret des travaux des centrales lauréates de l’appel d’offres en fin d’année. Les résultats déclenchant les investissements et les travaux ne seront en effet pas connus avant cet été.