Salon de l’automobile de Genève : les véhicules électriques moins présents

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Premier salon de l’automobile à inclure un Pavillon Vert il y a trois ans, le Salon de l’auto de Genève, qui ouvre le 8 mars au public, n’accueille cette année que 7 constructeurs qui présentent des modèles hybrides et électriques, moins que l’an dernier. Pour François Jaumain, associé de PwC et spécialiste du secteur, 2012 s’annonce encore moins active pour ces voitures que 2011, où elles n’ont déjà représenté que 1,7% du marché.

Et si le marché des hybrides peut progresser, l’expert de PwC interrogé par GreenUnivers ne croit pas, à court ou moyen terme, au décollage du tout-électrique, ce qui est pourtant le pari de Renault, qui veut faire fabriquer des EV moins chères en Chine.

Les constructeurs misent  pour la plupart sur les hybrides électriques, seul Renault donne la priorité au tout-électrique. Les  modèles les plus attendus sont l’utilitaire de Mercedes-Benz, la Vito E-Cell, ou encore la mystérieuse Volteis du français Electric Car. Egalement présente au Salon, la citadine Zoe de Renault qui sera commercialisée à partir de l’automne prochain à un prix de 15.700 euros.

2012, année de recul

« Les véhicules électriques et hybrides font beaucoup parler d’eux et les constructeurs investissent énormément, mais leur part de marché est encore très faible. En 2011, au niveau mondial, les véhicules hybrides n’ont représenté que 1,7 % de la production, soit 1,25 million d’unités. Pour les véhicules électriques, en Europe, on parle de quelques milliers de véhicules immatriculés. En 2011, au niveau mondial, la production de ces véhicules représente 0,2 % du parc de véhicules légers, selon les données de PwC-Autofacts »,  affirme l’expert de PwC.

PwC n’est guère optimiste pour les années qui viennent : après un ralentissement en 2012, les véhicules hybrides représenteront 4 % du marché en 2018. Les hybrides, notamment les full hybrides (hybridation totale avec des motorisations utilisant des énergies différentes), qui représentent 86% du marché des véhicules propres, sont sans doute les modèles qui vont se développer le plus rapidement. Et le plug-in hybride ou rechargeable, compromis entre l’hybride et l’électrique, devrait par ailleurs conquérir dans les six prochaines années 30% du marché des véhicules verts.

Mais développer le marché ne sera pas facile. « L’insuffisance d’infrastructures de recharge, la nécessité de trouver un protocole unique de recharge permettant de standardiser les prises électriques ainsi que les prix encore très élevés de ce type de véhicules sont autant d’obstacles au développement du marché », affirme François Jaumain. Propos qui rappellent ceux de François Cuenot, analyste du secteur transport de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), pour qui les véhicules électriques et hybrides sont en train de traverser la « vallée de la mort ».

La carotte ou le bâton

Selon François Jaumain, « la crise des dettes souveraines actuelle et les nécessaires réductions des dépenses publiques qu’elle entraîne pourraient être un obstacle à l’augmentation des aides des Etats envers la filière, à l’image des baisses des aides à l’achat. » Pourtant, les commandes publiques et les systèmes d’incitation, comme le bonus-malus, sont nécessaires pour son développement.

Si les moyens ne sont plus suffisants pour financer la filière, ce sont sans doute de nouvelles réglementations qui vont booster le marché des véhicules électriques. L’Union européenne prévoit une plus grande part des véhicules propres dans les pays membres et n’hésite pas à mettre en œuvre des mesures « draconiennes » sur la réduction des émissions.

Si ces mesures arrivent à faire décoller le marché des véhicules hybrides et électriques, elles pourraient permettre de réduire les coûts de production : plus de véhicules vendus entraînant une augmentation des capacités de production et donc des unités de moins en moins chères.