Enerplan réclame des volumes pour le solaire plutôt que des tarifs d’achat

Print Friendly, PDF & Email

Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) recense 7.000 destructions d’emplois dans la filière solaire, son homologue Enerplan en compte 12.500. Quels que soient les chiffres exacts, le photovoltaïque français déprime au regard des 25.000 emplois créés ces dernières années. Les syndicats professionnels montent à nouveau au créneau, trois mois après les Etats généraux du solaire et en pleine campagne présidentielle. Enerplan propose « deux mesures simples » pour arrêter l’hémorragie, dont l’arrêt des appels d’offres sur les centrales supérieures à 100 kW qui brident les volumes.

Le syndicat propose de remplacer ce dispositif, jusqu’en 2017, par une grille dégressive de tarifs d’achat au niveau assez bas. Le prix semble être de moins en moins une priorité pour la filière, qui a surtout besoin de volumes pour survivre.

Des volumes de MW : le nerf de la guerre

Le marché des installations supérieures à 100 kW est complètement arrêté depuis un an et attend les résultats des appels d’offres lancés par le Commission de régulation de l’énergie (CRE) – un dispositif obligatoire pour entrevoir un tarif d’achat subventionné. Une fois les entreprises lauréates connues, le marché ne devrait pas s’enflammer pour autant à cause de la bride imposée par l’Etat sur les volumes, la fameuse trajectoire cible de 300 MW par an sur ce segment. Une goutte d’eau comparée au marché solaire de l’Allemagne et l’Italie, par exemple.

Enerplan, comme le SER récemment d’ailleurs, milite pour faire sauter le verrou des volumes et propose de revenir rapidement à un système de tarifs d’achats animé par une dégressivité annuelle pendant cinq ans, horizon où la parité réseau doit être atteinte. Les tarifs proposés par Enerplan s’inspire pour 2012 des tarifs voulus par l’Etat sur les appels d’offres, de 18 à 21 c€/ kWh en fonction des puissances (100 kW à 12 MW). Un niveau en ligne avec ce qui se pratique en Allemagne aujourd’hui (18-24 c€/kWh, avec une baisse prévue de 15% mi-2012).

Source : Enerplan

Grille dégressive de tarifs

Selon ce schéma, les tarifs baisseraient ensuite de manière maîtrisée et connue, de 1 centime en moyenne par an, pour attendre en 2017 une fourchette de rémunération du kWh solaire produit comprise entre 14 et 17 centimes €, c’est à dire proche ou égale au prix de l’électricité au détail à cette date (tableau ci-contre).

Ce système aurait l’avantage de donner de la visibilité à la filière, note Enerplan, tout en évitant à l’Etat le coût de traitement des dossiers d’appels d’offres au sein de la CRE. Les subventions du marché solaire sur ce segment, via la Contribution au service public de l’électricité (CSPE), deviendraient nulles dès 2017, souligne le syndicat.

Gel des tarifs des petits toits solaires 

Sans changement, la relance du marché ne se fera pas avant l’automne 2012 avec la réalisation des premiers projets retenus des appels d’offres. Trop tard, pour Enerplan, pour qui il en va de l’avenir du tissu économique et de l’expertise du photovoltaïque en France.

Les propositions du syndicat concernent aussi le segment des installations inférieures à 100 kW, où les derniers chiffres du marché montre un secteur atone, bridé par les baisses trimestrielles successives depuis neuf mois. Entre juin 2011 et janvier 2012, la baisse des tarifs atteint 15 % pour le résidentiel et près de 26% pour les autres petits toits solaires. De fait, le marché donne actuellement un volume inférieur à 200 MW par trimestre. Probablement trop pour l’Etat qui souhaite 200 MW par an, avec sa trajectoire cible sur ce segment.

Face à cette situation, Enerplan souhaite figer les tarifs d’achat sur le niveau du 1er trimestre (annoncé mi-janvier). Le gel de la prochaine baisse trimestrielle, prévue en avril prochain, au moins, est donc demandé pour relâcher le marché.