Avec Siemens, les piles à combustible de SymbioFCell font coup double

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Après avoir amorcé sa pile à combustible en février dernier – auprès de deux fonds d’investissement, dont CEA Investissement – SymbioFCell se lance dans une production à grande échelle avec Siemens Energy.

La start-up savoyarde basée au Bourget du Lac va déployer une unité de production sur le pôle technologique et industriel du groupe allemand à Grenoble (Isère). Une belle opération qui devrait aussi lui faciliter la pénétration du marché allemand, où le stockage d’énergie à partir d’hydrogène se développe plus vite qu’en France.

La construction d’une première ligne de production, d’une capacité de 1.000 à 2.000 systèmes, doit commencer au début de l’année prochaine, pour une mise en route prévue fin 2012. « Siemens Energy a réalisé pour SymbioFCell l’étude complète de la chaîne de production. Cette dernière sera détenue et exploitée par SymbioFCell », a indiqué Bertrand Chauvet, directeur du développement commercial, à GreenUnivers.

Un déploiement industriel à Grenoble

Fondée en avril 2010, SymbioFCell conçoit et fabrique des systèmes complets de pile à combustible (PAC) hydrogène de forte puissance, de 5 kW à 300 kW, pour des solutions embarquées dans différents types de véhicules (camions, bateaux, véhicules électriques, engins spéciaux électriques, etc). La start-up utilise une technologie de PAC issue du CEA, avec qui elle a mis en place un programme de développement à moyen terme, et se concentre sur la partie système (miniaturisation, électronique, développement logiciel, intégration, système applicatif, etc). Elle prévoit 2 millions de chiffre d’affaires cette année et 11 M€ en 2012.

Jusqu’à présent, SymbioFCell ne fabriquait que des petites séries (capacité annuelle de 200 à 300 systèmes) pour équiper des prototypes et des démonstrateurs. « À l’horizon 2012-2013, sur des plus longues séries, nous devrons réfléchir à développer un outil industriel, » nous expliquait en début d’année Pierre-Yves Le Berre, vice-président stratégie et finance de la société. En installant sa première base industrielle dans les locaux de Siemens Energy à Grenoble, SymbioFCell passe à la vitesse supérieure. Et va chercher à réduire les coûts de sa solution, clé de sa pénétration rapide sur le marché des transports.

Siemens : tapis rouge de SymbioFCell en Allemagne ?

Avec Siemens, géant vert en devenir, l’entreprise française est surtout gagnante sur deux tableaux. Elle bénéficie d’un support industriel et technologique d’un acteur dont les performances ne sont plus à prouver. Et elle s’ouvre indirectement le marché allemand, où les conditions de développement de l’énergie à base d’hydrogène sont meilleures qu’en France. L’Allemagne, avec l’initiative H2 Mobility, investit déjà 2 milliards d’euros sur ce marché, en y associant les plus grands constructeurs automobiles et de nombreux énergéticiens, souligne la société. Dans l’Hexagone, la réglementation sur l’hydrogène dans les transports est plus contraignante.

« SymbioFCell a une dizaine de projets commerciaux dans les tuyaux aujourd’hui, la plupart dans des systèmes de moyenne et forte puissances comme les bus, petits camions, pelleteuses, camions-bennes, dameuses de ski et autres engins spéciaux », note Bertrand Chauvet.  Les premiers déploiements de ses systèmes PAC sont prévus à la rentrée 2012 sur des véhicules électriques à batteries dotées de prolongateurs d’autonomie PAC. Une flotte d’utilitaires Renault Kangoo Z.E. – baptisé « HyKangoo by SymbioFCell » – sera ainsi fournie à Solvay, le géant belge de la chimie.