La faillite de Solyndra ? Une preuve de l’avenir radieux du solaire pour Paul Krugman

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« L’échec de Solyndra a été causé par le succès technologique », affirme le Prix Nobel d’économie 2008 Paul Krugman dans sa chronique du New York Times du 7 novembre, intitulée Here Comes the Sun. Si la start-up américaine a fait faillite, c’est parce que le marché solaire se structure avec une concurrence farouche à laquelle elle n’a pas su résister. Pour Paul Krugman, c’est une preuve de l’arrivée à maturité de l’énergie solaire : non seulement elle va bientôt devenir moins chère que les énergies fossiles, mais elle n’entraîne pas tous les effets pervers pour l’environnement comme la fracturation des sols pour l’extraction du gaz, par exemple.

Eminente figure de l’économie mondiale, Paul Krugman, économiste américain, éditorialiste et professeur dans de grandes universités tel que le MIT ou la London School of Economics, explique que « nous sommes, ou du moins nous devrions être, à l’aube d’une transformation de l’énergie motivée par le coût de l’énergie solaire qui diminue rapidement ». Et si l’avènement du solaire surprend beaucoup d’observateurs, la responsabilité est à chercher du côté de « notre système politique fossilisé, dans lequel les producteurs de combustibles fossiles ont de puissants alliés politiques et une machine de propagande qui dénigre les énergies alternatives ».

Solyndra éclipse les progrès dans le solaire

Pour l’économiste, l’avenir du solaire est hélas obscurci, au moins aux Etats-Unis, à cause de l’affaire Solyndra : en septembre dernier, ce fabricant de « tubes solaires » s’est déclaré en faillite malgré près d’un milliard de dollars apportés par des fonds privés et un demi-milliard de crédits garantis octroyés par le gouvernement fédéral de Barack Obama.

Ce fiasco a eu des répercussions au niveau politique et pour le secteur des énergies renouvelables. « Ces jours-ci, mentionnez l’énergie solaire et vous entendrez probablement des cris de « Solyndra ! » Les Républicains (NDLR : dont Paul Krugman est un critique féroce) ont essayé de faire de l’échec de la société de panneaux solaires un symbole du gaspillage du gouvernement – même si les allégations d’un scandale majeur sont des absurdités – et un bâton pour battre les énergies renouvelables ».

Or, pour Paul Krugman « l’échec de Solyndra a été effectivement causé par le succès technologique : le prix des panneaux solaires est en chute libre, et Solyndra ne pouvait pas faire face à la concurrence. (…) [La baisse des prix] a déjà conduit à une croissance rapide dans les installations solaires, mais de plus gros changements encore se profilent. Si la tendance à la baisse se poursuit – et elle semble même s’accélérer – nous sommes juste à quelques années du point où l’électricité par des panneaux solaires deviendra moins chère que l’électricité générée par le charbon ».

La faillite de Solyndra ne serait donc pas une mauvaise nouvelle pour la filière solaire, mais un signe étincelant de son arrivée à l’âge adulte.

« Le soleil est là, si nous le laissons entrer »

Si l’on ajoute le coût pour la santé humaine et d’autres dommages collatéraux provoqués par l’utilisation du charbon, il est fort probable que « nous ayons déjà dépassé ce point de basculement » où le soleil est moins cher que les énergies fossiles.

Alors, pourquoi ne pas miser davantage sur l’énergie du soleil ?

« Ne nous leurrons pas : une grande partie de notre classe politique, y compris pour l’essentiel l’ensemble du GOP*, est profondément investi dans un secteur énergétique dominé par les combustibles fossiles et vivement hostiles à des solutions alternatives. Cette classe politique va faire tout son possible pour assurer des subventions pour l’extraction et l’utilisation de combustibles fossiles, directement avec l’argent des contribuables et, indirectement, en n’imposant pas de réglementation environnementale à l’industrie tout en ridiculisant les technologies comme le solaire », conclut Paul Krugman.

* Grand Old Party : les Républicains.