François Loos va remplacer Philippe Van de Maele, débarqué de l’Ademe

FavoriteLoadingAjoutez cet article à vos favoris
Print Friendly, PDF & Email

Grosse surprise à l’Ademe : Philippe Van de Maele, le président de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie depuis 2009, a été démis de ses fonctions. Il sera remplacé par François Loos, député UMP du Bas-Rhin et ancien secrétaire national du Parti radical valoisien, qui a occupé plusieurs postes ministériels dans les gouvernements Raffarin et Villepin : ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (2002), puis du Commerce extérieur (2002-2005) et enfin de l’Industrie (2005-2007). Sa nomination devrait être officialisée demain en Conseil des ministres.

Aucune indication n’a filtré pour l’instant sur le futur poste de Philippe Van de Maele, un X-Ponts de 49 ans. Ce proche de Jean-Louis Borloo, dont il avait été le directeur adjoint de cabinet au ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, avait été nommé en février 2009 à la présidence de l’Ademe en remplacement de Chantal Jouanno, devenue secrétaire d’Etat à l’Ecologie. Son limogeage a fait l’effet d’une petite bombe à l’Ademe, surtout à une semaine de l’ouverture de Pollutec, le grand rendez-vous annuel du secteur de l’environnement.

Son successeur, âgé de 58 ans, affiche un double profil, à la fois politique et homme de terrain. X-Mines de formation, il a travaillé dans des entreprises industrielles comme Rhône-Poulenc et Lohr (systèmes de transports). Sur le plan politique, ce centriste est aujourd’hui vice-président du Conseil régional d’Alsace, où il a soutenu plusieurs initiatives vertes notamment en faveur des véhicules électriques. Avec sa nomination à la tête de l’Ademe, il va abandonner sa circonscription du Bas-Rhin, où il avait déjà annoncé qu’il ne se représenterait pas aux législatives de 2012.

Coup d’accélérateur ou coup de frein ?

Quelles sont les raisons du remplacement de Philippe Van de Maele ? Certains y voient une volonté du gouvernement de monter en puissance sur les Investissements d’avenir à cinq mois du premier tour de l’élection présidentielle. L’Ademe gère en effet une enveloppe de 2,8 milliards d’euros pour les projets verts innovants (énergies renouvelables, smart grid…) dans le cadre des Investissements d’avenir issus du Grand Emprunt. Elle pilote des appels à manifestations d’intérêt, qui se sont multipliés ces derniers mois.

D’autres au contraire s’inquiètent sur la poursuite de ces investissements alors que la crise de la dette oblige à des coupes budgétaires tous azimuts. L’Ademe, dont le budget d’intervention a beaucoup progressé ces dernières années pour passer à près de 700 millions d’euros par an, n’échappe pas à l’austérité ambiante. Une partie des départs ne sont ainsi plus remplacés. Et l’agence, qui devait prendre des participations dans des entreprises, n’a pas encore annoncé officiellement un seul investissement au capital d’une société.

Une chose est sûre, la présidence de l’Ademe semble devenir un poste instable : Chantal Jouanno est restée un an, Philippe Van de Maele deux ans !