Succès en Bourse, succès public, la filière des granulés de bois décolle en France

Print Friendly, PDF & Email

Qui sont ces producteurs de granulés de bois qui s’introduisent en Bourse dans cette époque financière à hauts risques ? En moins d’un an, deux sociétés de ce secteur peu médiatisé ont décidé de se coter sur Alternext Paris : Moulinvest depuis avril 2011 et Cogra qui doit s’introduire fin novembre. S’ils ont une telle assurance, c’est que la demande pour cette énergie extrêmement bon marché s’envole et que la production française devrait doubler en trois ans, selon les professionnels. Toutes les sociétés augmentent leurs capacités de production.

La production de ces petits bâtonnets, dits « pellets », à forte valeur calorifique, qui servent à chauffer des bâtiments, reste limitée en France, avec 500.000 tonnes (T) prévues cette année, comparée à celle de l’Allemagne (1,2 MT en 2010), l’Italie (850.000 T), ou surtout la Suède, championne d’Europe avec 2,2 MT l’an dernier. A un prix d’environ 200 à 300 euros pour la tonne vendue au client final, le marché français représente 100 à 150 millions € par an.

Le chauffage au bois est encore marginal, avec seulement quelques pourcentage des foyers, mais la France est déjà le deuxième pays de l’UE en nombre de producteur de pellets, 61, après la Suède, 80, et sa marge de progression est grande puisqu’elle possède la deuxième forêt européenne.

Une solution en temps de crise ?

Les granulés de bois sont un produit de récupération: ces petits bâtonnets sont fabriqués à partir de sciures et copeaux, issus de la transformation de résineux dans les scieries, qui sont ensuite séchés, broyés et comprimés. Ils peuvent être utilisés dans une chaudière ou un réseau de chaleur.

Utilisés en France notamment dans le chauffage d’habitations ou de petites communes, les granulés présentent trois grands avantages selon les producteurs :

  • écologiques, car produits à partir de forêts gérées
  • fiables car, identifiés par des labels qui assurent le respect des normes européennes (NF Biocombustibles solides-granulés, DINplus ENplus)
  • et surtout très économiques : compter 4,08 centimes/KWh contre 5,93 pour le gaz, 10 pour le fioul ou 11,35 pour l’électricité, selon l’Ademe. L’estimation de la fédération Propellet France est de 4,98 centimes/KWh, un prix resté très stable depuis 2007, toujours entre 4 et 5 centimes/KWh.

Un marché en forte croissance

Hugues de Cheresey, secrétaire général du Syndicat National des Producteurs de Granulés de Bois (SNPGB), souligne que le secteur se développe de manière très satisfaisante : en 2011 environ 500.000 T de granulés devraient être produites, à l’horizon 2014 la France pourrait atteindre un million de tonnes et en 10 ans ce marché pourrait représenter 5 MT qui pourraient chauffer 1,6 million d’habitations. Au prix actuel, cela signifierait un marché d’environ 250 millions d’euros.

La progression de ce marché est due à deux facteurs principaux : l’augmentation du nombre d’acteurs (en production, équipement et services) et les incitations fiscales.

Une demande plus importante serait la raison de la multiplication de nouveaux acteurs : 40.000 T de pellets ont été consommées en France en 2005 contre 400.000 T en 2010. Dans l’UE, cette demande augmente aussi, elle est passée de 3,8 MT à 9,8 MT durant la même période*. Cependant, l’importance des investissements lourds en capital empêche l’émergence rapide de grands groupes et on voit surtout la prolifération de petits acteurs.

La vente de poêles à granulés a augmenté de 17% entre 2008 et 2009, et les ventes de poêles doivent continuer à croître selon le Syndicat des énergies renouvelables. Ceci se doit notamment aux incitations fiscales proposées par le gouvernement : crédit impôt dans le cadre d’une primo acquisition ou bien de remplacement, éco-prêt à taux zéro, TVA réduite à 5,5% dans les logements de plus de 2 ans, aides de l’Agence nationale de l’habitat et aides régionales.

La reconversion des scieries

Secteur encore peu structuré mais en essor, les granulés de bois attirent toujours plus de scieries qui y voient une nouvelle activité. Si tous les projets ne sont pas viables ou trop demeurent très petits, comme l’a expliqué à GreenUnivers Hugues de Cheresey, la clé reste l’accès à la matière première car « contrairement à ce que l’on peut penser, la ressource biomasse n’est pas facile d’accès ni bon marché ».

L’entrée en Bourse des sociétés productrices de granulés de bois n’est pas une tendance forte dans le secteur, où très souvent les entreprises sont familiales ou des coopératives, mais trois grands groupes ont franchi le pas. Voici leur profil ainsi que celui des sociétés qui ont une capacité de production de plus de 20.000T.

Trois entreprises cotées

  • EO2 : cette société de Malakoff (Hauts-de-Seine), créé en 2006, a une capacité de production 80 000 tonnes grâce à son usine de production de 40 salariés à Saint-Germain-près-Herment (Auvergne). En 2009, l’Office National des Forêts (ONF) entre dans son capital,  dont elle détient aujourd’hui 9,9%, « nous avons besoin de sécuriser nos approvisionnements en bois sur le long terme : l’ONF nous fournira, selon des modalités encore à définir, des sous-produits de la forêt en complément de nos contrats avec des scieries », à indiqué alors une porte-parole. Pourtant, en avril de cette année l’entreprise a dû suspendre son projet d’usine dans les Landes faute d’âtre sure de ses approvisionnements.  Le fondateur et PDG d’EO2, Guillaume Poizat, détient 9,9% du capital, dont l’actionnaire principal est A Plus Finance, société de gestion de portefeuille, qui en possède 19,4%. Cotée au Marché Libre d’Euronext Paris depuis 2007, son cours a fait du yoyo entre 12 euros, prix d’introduction, et moins de 5 euros actuellement.
  • Cogra : producteur de granulés de bois depuis 1982, la société fondée par Bernard Chapon et d’autres partenaires possède une capacité de production de 65.000 tonnes sur ses deux unités situées à Mende (Lozère) et Craponne (Rhône). L’entreprise sera la dernière en date à entrer sur Alternext, où elle espère lever 3,3 millions d’euros qui devraient lui permettre de construire une troisième usine, et atteindre ainsi une capacité de 100.000 tonnes.
  • Moulinvest : scierie familiale implantée à Dunières (Haute-Loire) et fondée en 1916. En 2011 sa holding familiale, Moulinvest, s’est ouverte aux fonds A Plus Finance et Alto Invest. Le groupe Moulinvest forme un ensemble cohérent qui permet à la scierie de valoriser les coproduits du bois : la scierie va fournir la matière première nécessaire aux activités de Moulin Bois Energie, dont la première unité de production de pellets, d’une capacité de 60.000 tonnes, devrait commencer à opérer en janvier 2012. L’entreprise est par ailleurs entrée en avril 2011 sur Alternext.

Autres sociétés produisant plus de 20.000 tonnes/an

  • NEeco : groupe formé par les sociétés Déshy-Drôme et Société de granulés d’Arlanc (SGA) en octobre 2010, il a une capacité de production de 120.000 tonnes de granulés de bois. NEeco est le holding qui chapeaute la partie commerciale des deux sociétés et possède les deux sites de production : une usine sur la commune d’Arlanc (Puy-de-Dôme), 32.000 tonnes, et celle de Déshy-Drôme, qui appartenait auparavant ç la coopérative agricole le Groupe Dauphinoise, de 88 000T.
  • Archimbaud : scierie familiale, fondée en 1992, présente sur les palettes, les produits connexes et les granulés. Elle démarre la production de granulés de bois en 2007, avec une unité de production sur son site historique de Secondigné/Belle dans les Deux-Sèvres où elle compte désormais quatre presses d’une capacité de production de 80.000 T. En avril, l’ambitieux groupe achète une petite entreprise familiale, Migeon Frères, dans le même département, pour alimenter sa production.
  • Alpes Energie Bois : la société familiale, créée en 2009, s’est installée dans Le Cheylas (Isère), à côté de la scierie Bois du Dauphiné qui a dû être entièrement reconstruite après un incendie qui l’a ravagée en octobre 2009. Sa capacité de production est de 50.000 T.
  • Alpin Pellet : spin off du groupe français Savoie Pan, implanté à Tournon (Savoie), la société est rachetée en 2009 par le fonds italien Ambienta, l’un des plus grands fonds de gestion européens dédiés à l’environnement. Sa capacité de production est de 40.000 T.
  • Aswood : coopérative créée en 2008 à Boulleville en Haute Normandie, sa capacité de production est de 40.000 tonnes.
  • Vert Déshy : créée en 2005, la société a une unité de production de 35.000 T  à Meximieux, Rhône-Alpes. En janvier 2010, l’entreprise rachète Rhône-Alpes Granulés, sociétés de distribution de granulés de bois pour contrôler ainsi la distribution.
  • Piveteau : d’abord scierie familiale à Saint Florence, en Vendée, fondée en 1949, la société se diversifie : elle produit actuellement 25.000 tonnes par an de granulés et espère atteindre une capacité entre 65.000 et 70.000 tonnes d’ici à 2012.

*European Biomass Association, 2011 Annual Statistical Report of the contribution of Biomass to the Energy System in the EU27.

Article précédentLes bus électriques de Proterra se financent (Premium)
Article suivantLes serres solaires de Marchegay Technologies changent de main (Premium)

12 COMMENTS

  1. Bonjour,

    L’application obligatoire de la norme BBC pour les bâtiments en janvier 2013 ne veut pas dire un encouragement pour l’utilisation de l’énergie bois, il ne faut pas se tromper. C’est encouragement est fait purement pour des raisons économiques et d’indépendance énergétique au niveau de la France mais pas pour du développement durable ou de l’écologie. En effet, le but recherché mais caché est la diminution de notre dépendance énergétique et de trouver une solution palliative par rapport aux énergies fossiles pour notre balance commerciale. L’énergie bois est donc une solution à court terme de facilité pour les politiques pour obtenir une diminution de cette dépendance énergétique de la France. Après il y a un autre but caché par les politiques qui consiste à éviter l’indépendance énergétique de la population en imposant une continuation de cette dépendance en mettant sur le marché une autre matière première, car avec l’énergie bois vous avez toujours une circulation de la matière première entre un producteur et un utilisateur final ce qui permet de toujours d’avoir une source de taxes et d’impôts. D’après vous si l’énergie produite avec des énergies renouvelables par la population était consommée directement sans passer par un réseau de transport alors adieu taxes et impôts pour les politiques.

    En conclusion, il n’y a pas de lobbies du bois mais une volonté des politiques de trouver une matière énergétique taxable palliative aux énergies fossiles pour diminuer la dépendance énergétique de la France, et tant pis si cette énergie bois soit polluante et dangereuse pour la santé de la population et de la planète. En plus, on n’informe pas la population sur les risques de l’énergie bois ou alors on fausse le discours en faisant passer celle-ci comme du développement durable malgré que cela n’a rien à voir et que c’est surtout une énergie polluante comme les autres énergies fossiles.

    Cordialement,

    Stephan

  2. Vous oubliez la reglementation technique 2012 et le concept des maisons BBC qui incitent a l’utilisation du bois energie. Les decisions auraient elles ete prises sans reflechir? les bucherons formeraient ils un lobby tres puissant en France face aux autres lobbys de l’energie ?

    Bref je vous parle de realités, des mêmes réalites auxquelles j’ai fait face en 1997 quand je travaillais dans l’industrie du chanvre.

    Il y a sans doute un point ou nous sommes d’accord : l’energie la moins chere et la moins polluante est celle qu’on ne consomme pas.

    Saluez pour moi le CSTB et bonne chance dans votre projet !

  3. BONJOUR
    depuis 1959 / SOMMES COLLECTEUR
    ACHETEUR
    REVENDEUR
    DE TOUS PRODUITS SORTIS DE SCIERIES
    DECHETS NEUFS D INDUSTRIE

    AVONS NOTRE PROPRE FLOTTE DE VEHICULE / 100 ENSEMBLES DE TOUS TYPES A VOTRE ENTIERE DISPOSITION
    SOMMES TECHNIQUES ET COMPETENTS DEPUIS DES DECENNIES POUR VOUS FOURNIR LA REALISATION DE VOS BESOINS / SERVICES MISE A DISPOSITION DE BENNE / VENTES ACHATS / N HESITEZ PAS A NOUS CONSULTER / STOCK PERMANENT SUR NOS PLATES FORMES DE VOLUMES TRES IMPORTANTS / MERCI / TEL 05 53 93 02 69

  4. sommes collecteurs de tous déchets sous produits de scieries
    et tous dechets verts
    depuis 1959

    avons notre propre flotte de véhicules, 100 ENSEMBLES
    TOUS TYPES VRAC / CAMION REMORQUE /FOND MOUVANT / EQUIPES OU PAS DE GRUES DONC AUTONOMES
    TOUS VEHICULES POUR TRANSPORTER LE CONDITIONNES
    SOMMES RECONNUS DANS LE METIER COMME DE VRAIS PROFESSIONNELS DEPUIS 1959 EN LOCAL
    REGIONAL
    NATIONAL
    PRESTATIONS ET SERVICES /
    PLATES FORMES DE STOCKAGES
    MATIERES VENDUES DEPART

  5. Bonjour,

    Effectivement que le chauffage au bois n’est pas la panacée en terme de développement durable et vous le reconnaissez, c’est bien. Mais ce type d’énergie n’est que du court terme car contrairement à vos dires, la méthanisation de nouvelle génération se fait de deux manières soit par un procédé chimique ou soit par un procédé avec des bactéries, et cela se fait en milieu fermé ce qui limite fortement les rejets dans l’atmosphère. De plus, les nouvelles technologies de méthanisation se font avec des déchets comme la tige des plantes et non plus avec le fruit ou la graine qui sert de nourriture. Après vous avez des alternatives d’énergie propre comme le photovoltaïque, la géothermie, l’éolien, le chauffage solaire, les pompes à chaleur, etc plutôt que l’énergie bois qui est malheureusement polluante. Après nous ne sommes pas sur un concours du plus beau pollueur ou du meilleur pollueur avec comme participant le bois, le fuel, le nucléaire et le gaz, la planète n’a pas besoin de ce débat là. Ensuite, l’énergie qui est la moins polluante est celle qui n’est pas consommée, c’est à dire que si vous avez des matériaux qui font que votre enveloppe de bâtiment soit très bien isolé alors vous avez répondu à hauteur de 70% de votre problématique d’énergie pour un bâtiment. Les applications sur lesquelles je travaille permettent d’obtenir des matériaux qui possèdent des résistances thermiques à plus du double que le béton cellulaire (MI335 de chez ITONG, le meilleur bloc porteur isolant actuellement sur le marché) pour 20 cm d’épaisseur et avec des résistances mécaniques équivalentes au bloc béton (parpaing) pour toujours 20 cm d’épaisseur, et de stocker le CO2 dans le bâtiment.

    Les avancées techniques sont là et quand elles vont être mises en places industriellement alors les solutions de court terme actuelles vont périclitées et disparaître car ne répondant plus aux normes de santé pour la qualité de l’air et aux normes d’émission de CO2 à cause des rejets dans l’atmosphère (rappel à l’ordre de la Commission Européenne de l’environnement sur la qualité de l’air en France).

    Pour votre information, les états recherchant de nouvelles taxes pour compenser les dettes vont mettre des taxes sur tous les équipements polluants ou dégageant du CO2, ce qu’on appelle la taxe carbone qui est déjà en oeuvre auprès des grandes entreprises qui fournissent de l’énergie avec des matières premières fossiles (comme EDF, TOTAL, AUCHAN, LECLERC, etc) ou qui dégagent plus de 60 000 tonnes de CO2 par an dans l’atmosphère (comme ARCELOR MITTAL, LAFARGE, VICAT, etc). Malheureusement il y a en préparation des étiquettes énergétiques pour tous les bâtiments qui vont indiquer le dégagement de CO2 (consommation énergétique et type de d’énergie) pour pouvoir calculer la taxe carbone derrière.

    Avec ce dernier article, vous voyez bien que les bâtiments avec de l’énergie bois avec leur dégagement de CO2 vont être pénalisés et les utilisateurs vont prendre conscience que cette solution n’est pas pérenne, que cette énergie va leurs coûter plus cher en finalité et que surtout ce n’est pas une énergie propre mais polluante.

    Cordialement,

    Stephan

  6. @Vogel

    Vous avez sans doute une version idealiste et il faut des ideaux. En attendant on se chauffe comment ?
    – au gaz, au nucleaire, au fuel ?…
    – car la methanisation et d’autres procedes sont interessants…mais pas encore disponibles pour tous, loin s’en faut. Ils posent aussi d’autres problemes ( produire des vegetaux pour l’energie ou pour l’alimentation par exemple… )

    Par ailleurs, vous faites un amalgame entre chauffage au bois et chauffage aux granules:
    – Les granules sont des residus de sciures ( bois d’habitation, bois d’ameublement); il s’agit donc de valoriser des déchets…
    – les appareils de chauffage aux granules (chaudieres, poele) rejettent dix fois moins de particules fines que les appareils aux bois (je ne parle pas des rejets lies du fuel et du nucleaire ?)
    – vous oubliez aussi que l’industrie du bois progresse, voir par exemple les systemes de filtration a particules de Palazzetti oui …les appareils de chauffage ont quelque peu évolué depuis le FOG Anglais du 19e siecle

    Le déni en bloc d’une energie alternative et naturelle me semble excessif, elle dénote l’absence d’une volonte de compromis qui ne repond pas a des contingences tres court termes. Mais je ne prone pas non plus que le « tout bois »!

     » Le mieux est parfois l’ennemi du bien »

  7. Bonjour,

    Il est vrai que la planéte est un vaste marché pour tous les pollueurs. Et si tous les pollueurs pouvaient se donner la main alors cela serait le paradis.

    Mais bref de plaisanterie, voici le document que j’ai transmis en réponse à un précédent article ventant l’énergie bois et la pollution qui en découle pour la planète et pour la santé des popullations:

    « Bonjour,

    C’est très étonnant que GREENUNIVERS fasse l’apologie d’une industrie énergie bois aussi polluante qu’une centrale à charbon (énergie fossile qui vient du bois pour mémoire). En effet, cette industrie qui à titre d’exemple avec la société COFELY (5 centrales et 900 000 tonnes de consommation bois) s’apprête avec leurs incinérateurs à bois à rejeter dans l’atmosphère 1 300 000 tonnes de CO2, plus toutes les particules fines qui ne sont pas arrêtées par les filtres (des rapports d’alerte réalisés par des médecins démontrent qu’il y a des augmentations de maladies respiratoires et autres par exemple le cancer aux alentours de ces incinérateurs à bois). Après on peut s’interroger sur l’efficacité de faire de l’énergie avec du bois en sachant que rien que le transport vers l’utilisateur final de cette énergie entraîne une perte de 15% à minima de celle-ci. L’Union Européenne a déjà mis en garde la France sur sa qualité de l’air à cause des centrales à charbon, aux véhicules en circulation et à tous les incinérateurs y compris ceux servant pour l’énergie bois. On est entrain de recréer le FOG anglais si cher aux londoniens du 19 ème siècle (brouillard provoqué par le brûlage du charbon et du bois dans les foyers et dans les usines), quel avancé ou plutôt quel retour en arrière. Après on nous dit que c’est du développement durable, c’est surtout une vaste escroquerie car la planète n’a pas besoin que l’on relâche du CO2 dans l’atmosphère mais plutôt l’inverse. Mais ces pollueurs vont nous dire que la France peut polluer car nous avons beaucoup de forêt et que grâce à son augmentation en superficie, cela n’engendre aucun problème pour la planète, c’est encore un scénario à la Tchernobyl avec des frontières hermétiques qui ne laisse rien passer. On peut prendre aussi le bilan carbone catastrophique avec un calcul qu’un enfant peut faire facilement (peut être pas les grands ingénieurs de ces pollueurs) : en prenant exemple avec COFELY (5 centrales et 900 000 tonnes de consommation bois) afin de reconstituer les 1 300 000 mètres cubes de bois brûlé en 1 an qui ont dégagé 1 300 000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère (1 300 000 m3= 900 000 tonnes avec une densité environ de 700kg/m3 moyen pour le bois), il faudra une durée de 20 ans car tout simplement cela correspond à la croissance d’un arbre. Le résultat est que le déficit du bilan carbone est donc de 20 ans, c’est donc une fuite en avant caractérisée, mais certainement pas du développement durable et de l’écologie. Cette solution énergie bois ne sert que les intérêts des pollueurs et de la filière bois qui pense faire de l’argent avec leurs déchets en se moquant complètement de la santé de la population et de la planète. C’est encore une vision à court terme avec comme alibi le développement durable. On peut aussi rajouter que mettre ces incinérateurs à côté des villes engendre de la pollution avec tous les camions qui vont ramener de la matière première.
    Je n’arrive pas à comprendre cette apologie de cette énergie bois qui va nous amener droit dans le mur et qui n’est pas du développement durable mais plutôt une pollution de plus pour la planète.
    Pour votre information, je fais partie du pôle de compétitivité mondial IAR et du laboratoire CODEM, et la réflexion est plutôt de savoir comment valoriser les déchets végétaux sans engendrer de pollutions supplémentaires, comme par exemple d’en faire des matériaux, de faire une méthanisation qui permet de transporter sans perte ce gaz qui servira à l’utilisateur final, et qui permet surtout d’éviter tous risques de santé pour la population et pour la planète.

    J’aimerais savoir quelle est la réponse par rapport à ce mail du site GREENUNIVERS, du laxisme, de l’encouragement pour l’énergie bois ou une information de mise en garde contre cette technologie ?

    Et est ce qu’une industrie polluante et qui n’a rien à voir avec le développement durable peut avoir sa place sur un site qui met en avant le green business? »

    Cordialement,

    Stephan

  8. Merci et bravo pour cet article tres complet

    D’apres nos indicateurs, la croissance des ventes de granules a fait un bon cette année. Chez nous le poele granules represente 30 à 35% des demandes de devis recues!

    Les marges sont extremement tendues sur ce type de produits (course a l’approvisionnement / pression sur les prix pour etablir les reseaux de distribution = effet ciseaux) et c’est moins vrai du cote des fabricants de poeles qui en termes economiques tirent bien leurs cartes du jeu. Ce serait aussi des acteurs interessants a étudier.

Comments are closed.