Solaire : le gouvernement soutient l’export, à défaut d’un marché national

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Les mauvais esprits pourraient y voir comme une petite contradiction : alors que le gouvernement a réduit les aides au solaire et fixer une trajectoire-cible très modeste pour le marché français (500 MW/an) au risque de couper les ailes de la jeune filière industrielle, il lance un appel à projets pour aider les entreprises du secteur à exporter dans les pays émergents. L’Etat est prêt à débloquer 100 M€ pour financer les meilleurs projets sous forme de prêts à taux réduit, a annoncé hier Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat chargé du commerce extérieur. Et en complément, 5 M€ de dons pourront être accordés aux entreprises pour financer des études de faisabilité et d’ingénierie en amont.

Si aucune technologie n’est écartée de cet appel à projets, Bercy note que « les entreprises françaises de la filière solaire, parmi lesquelles de nombreuses PME, ont pris du retard sur les technologies de première génération. Elles misent désormais sur les technologies de deuxième génération, dans le solaire thermodynamique (miroirs Fresnel par exemple) et dans le photovoltaïque à concentration, pour proposer des prix plus compétitifs que leurs concurrents et obtenir des premiers contrats à l’export ». Et d’évoquer le Plan solaire méditerranéen qui pourrait offrir des débouchés intéressants.

Face à la crise du marché français, plusieurs industriels misent aujourd’hui clairement sur l’international, à l’image de Fonroche, Voltec Solar, Exosun ou encore MPO Energy. Si ce soutien financier de l’Etat n’est donc pas à négliger, il ne suffira peut-être pas à contrebalancer l’impact du manque d’ambition du marché national. « Quand on va à l’export, on nous demande quelles sont nos références en France. Il est difficile de convaincre quand on a pas ou peu d’installations à présenter », constate un dirigeant d’entreprise.

Cet appel à projets est ouvert jusqu’au 31 janvier 2012. Les crédits budgétaires correspondants seront puisés dans l’enveloppe de prêts de la « réserve pays émergents » et dans l’enveloppe de dons du Fonds d’études et d’aide au secteur privé (Fasep).

Consulter la présentation détaillée de l’appel à projets ici (PDF)