Dix mois après le moratoire, le marché solaire français enfin sur les rails

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Il y a dix mois, Paris gelait le marché solaire photovoltaïque avec un moratoire sur tous les projets de raccordement d’installations supérieures à 3 kW. Aujourd’hui, l’administration boucle enfin les nouvelles règles du jeu du secteur, annoncées il y a six mois. L’appel d’offres pour les centrales de plus de 250 kW est lancé comme prévu ce 15 septembre, un mois et demi après le coup d’envoi pour les centrales comprises entre 100 et 250 kW. Objectif : 180 MW par an.

Seule surprise, mais de taille : les ombrières sont finalement soutenues, une très bonne nouvelle pour Coruscant, JMB ou encore GreenYellow.

Mais dix mois pour le marché solaire, c’est une éternité ! Entre le début du moratoire de décembre 2010 et aujourd’hui, le photovoltaïque a changé de visage en France : difficultés de nombreuses PME (licenciements), mises en redressement judiciaire et liquidations, industrie en quête d’une nouvelle stratégie, sortie de certains acteurs, filière exaspérée

Une éternité

Le marché mondial, lui, évolue à une telle vitesse que la France paraît complètement dépassée par la réalité du secteur : perspectives de croissance boostées par la crise du nucléaire de Fukushima (Japon), coupes drastiques des aides en Europe, guerre des prix des panneaux, difficultés en cascade chez de grands producteurs mondiaux, montée en puissance du marché et des industriels chinois…

Quoi qu’il arrive, l’Etat garde le cap du Grenelle de l’environnement et des 5,4 GW de solaire planifiés pour 2020. Avec ce dernier appel d’offres, il ouvre la voie au développement de 180 MW de grandes centrales, en plus des 120 MW programmés sur le segment des installations de moyenne puissance (100 à 250 kW). Sur le segment des puissances inférieures à 100 kW, enfin, il prévoit 200 MW. Soit au total, une trajectoire de 0,5 GW par an dans l’Hexagone, à comparer au marché allemand (6 à 8 GW estimés en 2011) ou italien (6,5 GW déjà installés sur le seul 1er semestre 2011 ! ).

Appel d’offres des centrales supérieures à 250 kW

En tout cas, les acteurs qui souhaitent développer des grandes toitures solaires et des centrales au sol (supérieures à 250 kW), peuvent désormais déposer un dossier à la Commission de régulation de l’énergie (CRE) avant le 8 février 2012. L’appel d’offres porte sur le photovoltaïque mais aussi sur d’autres technologies à fortes perspectives à l’export : les trackers (dispositif de suivi du soleil), le photovoltaïque à concentration, le solaire thermodynamique ou encore les systèmes de stockages d’électricité solaire.

Au total, le cahier des charges détaille sept lots pour le développement de 450 MW d’ici 2014, soit deux années et demi de trajectoire cible (180 MW/an) voulu par l’Etat :

  • Centrales de 250 kW à 4,5 MW intégrée de manière simplifiée à un bâtiment : 50 MW de prévu cumulé
  • Centrales solaires thermodynamiques (CSP) au sol : 37,5 MW
  • Centrales photovoltaïques à concentration (CPV) ne dépassant pas 12 MW : 50 MW
  • Centrales solaires montées sur trackers ne dépassant pas 12 MW : 100 MW
  • Centrales solaires inférieures à 12 MW, dans le département d’Outre-mer et en Corse, intégrant des systèmes de stockage, ombrières photovoltaïques admises : 50 MW
  • Centrales photovoltaïques classiques et ombrières de parking, comprises entre 4,5 et 40 MW : 125 MW de prévu
  • Ombrières photovoltaïques inférieures à 4,5 MW : 37,5 MW

Les candidats seront sélectionnés principalement sur la base du prix du kWh produit, aux côtés de l’impact environnemental, du lieu d’implantation, de l’innovation industrielle et du délai de réalisation. Des exigences sont également établies en matière de contribution à la R&D dans le secteur solaire en France. Attention : des sanctions financières sont prévues en cas de non respect des règles du Cahier des charges (PDF).