Autolib’, Kangoo, Wattmobile… la France s’offre un week-end électrique

Print Friendly, PDF & Email

Alors que seulement 955 voitures électriques ont été vendues en France et à peine 5.200 en Europe au 1er semestre, ce week-end sera marqué par plusieurs annonces et lancements qui remonteront un peu le moral du secteur. A commencer par le démarrage en test dimanche à Paris d’Autolib’, le service de voitures électriques en libre-service, un pari financier risqué pour le constructeur Bolloré, mais une vitrine technologique de choix. Autres actualités du week-end : l’ouverture des prises de commandes des Renault Kangoo électriques, la présentation du service de scooters électriques Wattmobile, et le possible achat par l’Etat de 25.000 véhicules « zéro émission ».

Dimanche circuleront à Paris les premières voitures électriques d’Autolib’, 66 BlueCar grises, fournies par Bolloré et fabriquées à Turin, qui seront pour cette période test conduites par des ingénieurs de Bolloré et de la ville de Paris, ainsi que des conducteurs volontaires (on peut encore s’inscrire sur le site Autolib’), qui étrenneront les 33 stations ouvertes dans la capitale (ici une borne à peine installée avenue Gambetta, XXè).

Le lancement commercial pour le grand public attendra le 1er décembre, avec plus de 800 stations prévues – les arrondissements du centre de Paris seront les moins bien lotis, faute de place — mais dont la plupart ne sont pas encore créées. Le service, qui sera lancé à Paris et les communes adhérentes au syndicat mixte, soit 46 villes, comptera alors 250 stations et 250 BlueCar, mais la flotte doit atteindre 3000 véhicules fin 2012. Il est prévu au total 1 000 stations en voirie et en sous-sol.

Un pari financier risqué

Bolloré, qui a remporté l’appel d’offres contre de grands consortiums, a lourdement investi pour y parvenir depuis 10 ans, pour une rentabilité incertaine. Le PDG du groupe reconnait volontiers qu’il s’agit d’une « folie ».

Les frais d’exploitation d’Autolib, à la charge de Bolloré, atteindront 80 millions d’euros par an. Mais selon Vincent Bolloré, le service deviendra profitable à partir de 80.000 abonnés et après 6 à 7 ans, a-t-il expliqué à la presse.

Reste que depuis 10 ans, le groupe a investi au total 1,5 milliard d’euros pour concevoir et produire la batterie électrique qui équipe les BlueCar. « C’est une folie! », admet M. Bolloré dans le magazine Challenges. « Le stockage d’énergie électrique – dont nous sommes le leader mondial dans la partie composants pour condensateurs – devrait représenter un marché annuel de 40 milliards d’euros. Mais ces investissements sont passés en charges dans nos comptes. Si demain on arrête tout, il n’y aura pas de write off.»

Autre pari de Bolloré, le choix pour ses batteries d’une technologie originale, à base de lithium métal polymère (LMP), que le groupe juge plus performantes, légères et moins sensibles au risque d’échauffement. Si Autolib’ marche, ce sera pour Bolloré une extraordinaire vitrine pour ces batteries.

Autolib’ mode d’emploi

Les stations auront une présence humaine (1200 « ambassadeurs » expliqueront comment s’abonner) et seront aussi équipées d’un écran de visioconférence pour pouvoir dialoguer avec un opérateur. Elles pourront être utilisées pour d’autres véhicules électriques.

Une fois qu’on s’est inscrit et qu’on a scanné son permis dans la station, on reçoit une carte sans contact qui donne accès aux voitures, équipées d’un GPS communicant. Une alerte est prévue si le conducteur sort du périmètre délimité par les 46 communes.

Les tarifs : 5 euros la demi-heure, 10 euros pour 24 heures, 15 euros pour la semaine, 132 par an en famille (144 euros en solo). Les 3.000 voitures vont s’ajouter au trafic mais devraient contribuer à éviter la présence de 22 500 véhicules.