Le marché éolien mondial devrait doubler à l’horizon 2025 (Étude)

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Alors que le danois Vestas, leader mondial des turbines éoliennes, relève la tête avec des résultats semestriels bien meilleurs que prévu, une étude américaine souligne la bonne visibilité structurelle du marché éolien.

La puissance mondiale installée devrait passer de 188 GW en 2010 à 940 GW en 2025, selon les calculs d’IHS Emerging Energy Research. Malgré la crise économique actuelle et même si les investissements réalisés en 2011 seront inférieurs au niveau historique de 2008, le secteur est engagé dans une tendance long terme qui va voir le marché doubler entre 2010 et 2025, passant de 30 milliards à 68 milliards de dollars (21 Mds à 47 Mds d’euros).

Retour au pic historique en 2012

Le principal moteur de cette croissance viendra de la demande forte attendue dans le monde pour de l’électricité d’origine renouvelable. Une visibilité de long terme qui arrive après le trou d’air actuel du secteur, touché depuis 2010 par un retournement de cycle, au lendemain d’un boom impressionnant.

Le marché avait atteint un pic à 34 milliards de dollars en 2008, selon IHS, qui prévoit un retour à ce niveau seulement en 2012. Ce manque de dynamisme s’explique actuellement par une reprise du marché aux États-Unis plus lente que prévue, une stagnation du marché européen et une pression à la baisse des prix au niveau mondial.

Un coût de 0,9 M€ le MW

La capacité éolienne installée doit bondir de 16% en 2011, alors que l’augmentation du marché en valeur est attendue à 14%, indique IHS.

Le prix moyen du MW (turbine + mât) devrait rester inférieur à 0,9 million $ (0,6 M€) en 2011, selon l’étude. La compétition entre les fabricants européens et leurs homologues asiatiques devrait parallèlement s’intensifier, sous la pression de ces derniers.

« L’équation tarifaire sur le marché mondial de l’éolien a subi une transformation rapide ces deux dernières années. La récession qui a frappé le marché en 2009 a bouleversé les rapports de forces dans l’industrie, du vendeur vers l’acheteur, et cela restera ainsi », juge dans un communiqué Marc Mühlenbach, analyste chez IHS.

Les frontières du secteur sont mouvantes

Les fabricants font face à de nombreux enjeux, avec le manque de dynamisme de la demande à court terme et surtout la globalisation du secteur. Les marchés se diversifient géographiquement, et les entreprises doivent prendre en compte cette nouvelle donne sur un plan industriel. Par ailleurs, le secteur est animé par la course technologique autour des turbines de forte puissance.

Enfin, le nouveau segment offert par l’offshore bouleverse les positions. Si Vestas reste le numéro un mondial du marché, il perd par exemple du terrain sur l’éolien offshore face à l’allemand Siemens, désormais seul leader des turbines en mer.

Fin des vaches maigres pour Vestas ?

Vestas entrevoit néanmoins la fin d’une période compliquée à la lumière de ses performances 2011. Après avoir annoncé une perte (après impôts) de 85 millions d’euros au premier trimestre, le groupe enregistre un bénéfice de 55 millions d’euros au deuxième trimestre, bluffant au passage analystes et investisseurs. A l’annonce de ses résultats, son cours de Bourse s’est ainsi envolé de 23,7 % mardi 17 août, à 110,10 euros.

Sur les six premiers mois de l’année, Vestas reste dans le rouge avec une perte de 30 millions d’euros, mais son chiffre d’affaires donne des signes positifs : il atteint près de 2,5 milliards d’euros, contre environ 1,9 milliard à la même époque en 2010. Pour rappel, ses recettes totales en 2010 avaient été de 6,9 milliards d’euros.

Alors qu’il a écoulé près de 8.700 MW de puissance en 2010, il s’attend à livrer entre 7.000 et 8.000 MW cette année.

L’étude d’IHSGlobal Wind Turbine Markets and Strategies: 2011-2025