Ideol met son flotteur dans le vent de l’éolien offshore (Premium)

Print Friendly, PDF & Email

Alors que l’éolien offshore posé au fond de la mer devrait décoller en France – avec un appel d’offres en cours sur 3 GW de puissance – les développements sur l’éolien offshore flottant se portent plutôt bien dans l’Hexagone. Plusieurs entreprises sont dans les starting-blocks et travaillent sur des projets de R&D, en vue de profiter d’un marché attendu dès 2014-2015.

Après les projets Winflo, Vertiwind ou encore Diwet, c’est au tour de la start-up Ideol d’accélérer. Son projet de flotteur attire ...


600.000 euros de fonds privés de la part de quatre business angels. 

Les deux fondateurs de cette société d’une dizaine de personnes, Paul de la Guérivière et Pierre Coulombeau, restent majoritaires. À côté de cet apport en fonds propres, Ideol attire aussi 400.000 euros de fonds publics, apportés à parité par Oséo et le ministère de la Recherche. Ce premier tour de table vient appuyer sa R&D en vue de déployer un démonstrateur dans les eaux européennes début 2013. Créée en août 2010 et implantée à La Ciotat (Bouches-du-Rhône), la jeune pousse envisage de réaliser un deuxième tour de financement courant 2012, au moment où elle engagera la fabrication des premiers prototypes.

Deux innovations majeures

Idéol travaille actuellement à la constitution d’un consortium d’entreprises pour mener à bien son projet de démonstrateur. Ce regroupement réunira un fabricant de turbines, un développeur et un constructeur de plateforme. Idéol se présente aujourd’hui comme une société d’ingénierie, positionnée sur la conception, le design et le développement technologique. Elle devrait industrialiser sa solution, en s’appuyant sur des accords de licence ou sur un réseau de sous-traitants locaux, en fonction des marchés visés.

La technologie brevetée d’Idéol repose sur deux principales innovations. D’abord une plateforme flottante pouvant accueillir une éolienne à axe horizontal, par plus de 35 mètres et jusqu’à 150, voire 200 mètres de profondeur. Et une technologie visant à rendre l’éolienne mobile, par un système mécanique, pour limiter les pertes de sillage dans les parcs éoliens.

4 à 5 millions € pièce

Le flotteur présente un diamètre d’environ 40 mètres, pouvant accueillir une turbine de 5 MW. Il se classe plutôt dans la catégorie des plateformes semi-submersibles, à la différence d’un flotteur de type Spar, utilisé sur le projet Hywind du norvégien Statoil, ou sur le projet Sway, de la société du même nom. « C’est un concept nouveau pour l’éolien offshore flottant, inspiré de technologies connues et éprouvées dans le monde de l’offshore parapétrolier », note Pierre Coulombeau, le directeur général. La plateforme se détacherait néanmoins des flotteurs semi-submersibles composés de trois colonnes, développés sur le projet Winflo, par exemple.

Idéol affirme pouvoir réduire de 2 à 3 fois le prix de sa plateforme flottante par rapport aux technologies existantes sur le marché. Autrement dit, le coût de la construction et d’installation de son flotteur avoisinerait les 4 à 5 millions d’euros, soit un investissement inférieur à 1 million d’euros par MW déployé. Le flotteur présenterait des spécifications précises en fonction des conditions de vents et de houle.

Eolienne mobile : 10 à 15% de production en plus 

Concernant la technologie de « mobilité » de l’éolienne, optionnelle avec le flotteur Idéol, l’idée est de pouvoir déplacer toutes les éoliennes d’un parc, sur un même axe, afin de réduire les pertes de production d’énergie dues aux sillages aérodynamiques de chaque turbine. En effet, en tournant, une éolienne perturbe les vents qui l’entourent. Dans la dynamique de vent d’un parc éolien, une éolienne en mouvement peut ainsi perturber la production des éoliennes voisines simplement à cause des effets de sillage entre turbines. L’objectif est donc de déplacer cette éolienne de quelques mètres, et de manière intelligente, pour qu’elle ne perturbe pas ses voisines, évitant ainsi les pertes de sillage.

Idéol a donc développé une technologie mécanique permettant de déplacer sur un même axe, les éoliennes d’un parc sur quelques mètres, en fonction des conditions météorologiques, de la configuration du parc, de l’activité des éoliennes et du vent. Le système est centralisé grâce à une solution logicielle. « Il est ainsi possible de gagner 10 à 15% de production supplémentaire par an », souligne Pierre Coulombeau. Il note également que cette solution permet de réduire la fatigue des structures de l’éolienne (mâts et pales, par exemple), réduisant ainsi les coûts de maintenance et l’usure des machines.