EDF Energies Nouvelles va quitter la Bourse sous trois mois

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EDF Energies Nouvelles est officiellement sous le contrôle total du groupe EDF, suite au succès de son offre publique d’achat et d’échange lancée en avril dernier. EDF détient désormais 96,71% des actions de sa filiale. Après l’avoir introduite en Bourse fin 2006, EDF va sortir l’entreprise de la cote sous trois mois. Ce mouvement d’EDF pour rester seul maître à bord de sa filiale énergies renouvelables (EnR) s’inscrit dans un vaste mouvement de concentration dans les EnR mené par les grands groupes de l’énergie depuis le début de l’année : le pétrolier Total vient ainsi de s’emparer du fabricant américain de panneaux solaires SunPower alors que l’espagnol Iberdrola a racheté l’intégralité de sa filiale Iberdrola Renovables en mars. Cette intégration doit permettre à EDF d’atteindre 25% d’énergies renouvelables (dont l’hydroélectricité) dans son mix énergétique d’ici à 2020, une ambition présentée récemment par Henri Proglio, PDG d’EDF.

« Les actions non présentées à l’offre initiée par EDF ne représentant pas plus de 5 % du capital ou des droits de vote d’EDF Energies Nouvelles, EDF a l’intention de solliciter auprès de l’AMF la mise en oeuvre d’un retrait obligatoire des actions résiduelles dans un délai de trois mois à compter de la date de clôture de l’offre, soit au plus tard le 16 septembre 2011, » indique un communiqué du groupe.

Le prix proposé est celui de l’offre publique simplifiée d’achat, soit 40 euros par action EDF Energies Nouvelles. Au total, l’OPA sur les 50% du capital qu’il ne détenait pas aura coûté à EDF 1,55 milliard d’euros.

Quel avenir juridique pour EDF EN ?

Avec 96,71% de son capital, EDF détient un peu plus de 75 millions d’actions EDF Energies Nouvelles sur un total de 77,56 millions environ. Le calendrier et la procédure du retrait obligatoire de la cote seront publiés par l’AMF et Euronext. Après ce retrait, les actions EDF Energies Nouvelles seront radiées d’Euronext Paris.

Le titre EDF EN, introduit à 28 euros en novembre 2006, avait vu son cours grimper pendant un an pour toucher presque les 55 euros (+96%). Dès novembre 2007, la crise financière américaine des subprimes emporte le titre dans une baisse de douze mois qui le fait plonger à 20 euros. L’action avait retrouvé des couleurs en 2009, avec la reprise des marchés, mais sans jamais retrouver ses sommets historiques. De 2009 à avril 2011, le cours a oscillé entre 28 et 39 euros.

Après cette opération, reste une inconnue pour l’avenir d’EDF EN à moyen terme. L’entreprise va-t-elle garder une certaine indépendance juridique, avec la pérennité de son statut de société, ou sera-t-elle intégrée de manière plus poussée au sein d’EDF, en devenant une branche verte de son activité production, par exemple ? EDF pourrait avoir plus à gagner à garder une entité « énergies renouvelables » très identifiable pour le marché, plutôt que de diluer cette activité dans une branche production à connotation très nucléaire.

 

 

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