Les économies d’énergies : un moteur-clé pour Legrand

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Le groupe Legrand, longtemps tranquille roi des interrupteurs, connaît une nouvelle jeunesse grâce au secteur en plein essor de l’efficacité énergétique, qui accélère la croissance de ses ventes : les produits éco-performants présentant un argument énergétique (PEP) représentent déjà près d’un tiers des ventes sur ses marchés-clés : la France, l’Italie et les Etats-Unis. Ses ventes ont augmenté de 8,7% en 2010 à 3,9 Mds € et son bénéfice net de 44%, à 418 M €, et il prévoit une hausse de 5% de son CA 2011.

Se cantonnant à son rôle de fournisseur, Legrand, qui vend surtout aux distributeurs pour les professionnels comme Rexel ou Sonepar, ne veut être ni conseil, ni bureau d’études,  ni distributeur, mais poursuit sa très active politique d’acquisitions pour élargir son portefeuille de produits – il vient de racheter SMS, un groupe brésilien de sécurisation de l’énergie, au chiffre d’affaires de près de 80 millions d’euros.

Il parie maintenant sur des nouveaux produits comme les écrans affichant la consommation d’énergie, les détecteurs de présence, des « prises vertes »  ou encore les bornes de recharge pour voitures électriques, qu’il lancera dans quelques mois.

Entretien avec Benoît Coquart, directeur de la Stratégie et du Développement.

GreenUnivers : Quelle est la part des nouveaux marchés liés à l’efficacité énergétique pour Legrand ?

B. Coquart : C’est pour nous un sujet majeur. Désormais, pour tout nouveau produit, nous essayons systématiquement d’améliorer son efficacité. Les produits porteurs sont les détecteurs de présence qui peuvent réduire jusqu’à 45% la consommation d’énergie, les transformateurs performants qui évitent les pertes (nous proposons des transformateurs secs plutôt qu’à huile, plus performants) ; les chauffages intelligents (permettant une température différente pour chaque pièce, un mode veille) ; de nouveaux produits comme des « prises vertes », destinées aux appareils pouvant être coupés en dehors des heures de service pour réduire la consommation d’électricité voire demain en cas de signal avertissant d’un pic de consommation…

Les utilisateurs désirent des fonctions simples, par exemple un seul interrupteur qui mettrait toute la maison en veille.

Nous développons aussi des écrans tactiles au mur qui affichent la consommation d’énergie, car la mesure de l’énergie est un secteur en forte croissance.

Les produits favorisant les économies d’énergie ont enregistré une croissance à deux chiffres depuis 2002. 33 % du chiffre d’affaires de pays clés comme la France, l’Italie et les Etats-Unis reposent sur des produits présentant un argumentaire énergétique (« Profils Environnementaux Produits, ou PEP »).

GU : Quid de la domotique, de réseaux intelligents complets ?

B. Coquart : Pour la domotique, c’est-à-dire les réseaux dans la maison, ils représentent déjà pour Legrand un chiffre d’affaires très significatif avec plusieurs dizaines de milliers d’installations annuelles. La France n’est pas le marché le plus développé pour ce secteur, en revanche l’Italie, l’Espagne, les Etats-Unis  ainsi que les nouvelles économies comme la Chine sont eux des marchés mûrs.

Le smart grid consiste à envoyer un signal à l’utilisateur pour couper les appareils en cas de risque de pic et de coupure. Mais il ne faut pas oublier l’utilisateur : il faut une installation intelligente pouvant comprendre si l’utilisateur est là, lui offrir le choix entre couper et payer plus cher, il faut aussi des écrans de contrôle, des commandes intelligentes et non pas seulement des interrupteurs « on/off ».

Les commandes automatiques dans les bâtiments commerciaux ou tertiaires, pour l’éclairage ou le chauffage, connaissent une croissance à deux chiffres à l’international

On peut faire des maisons connectées non seulement pour l’énergie mais aussi pour jouer en réseau, pour la diffusion sonore de la télé ou de la radio dans toutes les pièces, pour la gestion de la connexion des appareils électriques ou tout simplement tout éteindre en partant. Nous sommes également bien placés dans les réseaux numériques  dans les bâtiments tertiaires depuis le rachat de l’américain Ortronics en 1998, et nous y avons une part de marché significative.

GU : Legrand est-il présent dans les énergies renouvelables et les voitures électriques?

B. Coquart : Nous ne sommes pas dans la production d’énergie, mais dans leur sécurisation, avec des disjoncteurs et des onduleurs : c’est un secteur qui se développe rapidement, au rythme des primes au solaire, et nous avons bon espoir d’une forte croissance de ces produits dans le futur.

Quant aux véhicules électriques, leur charge représente une forte consommation, avec un risque aggravé de pics si tout le monde le fait à 20 heures. En plus, les prix de l’électricité seront de plus en plus modulés. Il faudra donc un réseau dans la maison, pour une gestion intelligente et choisir quand s’alimenter. Dans quelques mois, nous lancerons une borne de recharge intelligente, Green Up, domestique ou publique, qui choisit les moments les plus propices pour les recharges. C’est un marché très prometteur : la France prévoit 400 000 bornes publiques et 4 millions de bornes privées d’ici à 2020.

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