Première et dernière ferme solaire en Angleterre ?

Print Friendly, PDF & Email
Copyright : Solarcentury

John Woolcock fait figure de pionnier outre-Manche : il est le premier fermier anglais à installer des panneaux solaires sur deux granges de sa propriété, dans la région d’Oxford, en remplacement de structures amiantées. En tout, 555 panneaux fabriqués par le japonais Sharp et posés par l’installateur britannique Solarcentury pour une capacité installée de 45 kW pour l’une des toitures et de 54 kW pour l’autre. Ces centrales, qui viennent d’être inaugurées, doivent générer un revenu annuel de  plus de 31 000 livres (35 200 euros), grâce essentiellement au tarif d’achat de l’électricité solaire, selon Solarcentury.

Mais ce gentleman farmer précurseur pourrait bien être aussi l’un des derniers à profiter de la manne. La Grande-Bretagne n’échappe pas en effet à la très grande instabilité des subventions au solaire qui agite l’Europe : Londres envisage de couper dans les tarifs d’achat mis en place en avril 2010, il y a tout juste un an, autant dire une éternité sur ce jeune marché.

Volte-face sur les tarifs d’achat

A l’époque, le marché solaire anglais était quasi inexistant. Le gouvernement avait adopté des tarifs assez généreux pour encourager son développement : 36,1 à 41,3 pence/kilowatt-heure pour les petites installations des particuliers, soit 42 à 48 centimes d’euros, et 29,3 pence pour les grandes centrales au sol, soit 34 centimes d’euros.

Le dispositif a remporté très vite un franc succès : les installations – à peine 35 MW jusqu’en 2009 – ont décollé en 2010 avec 33 MW supplémentaires, ce qui a doublé le parc du pays. Un coup dur pour les finances publiques, que le gouvernement de David Cameron tente par ailleurs de remettre à flots.

Emboîtant le pas à d’autres pays européens, comme la France et l’Italie, le gouvernement britannique a donc annoncé en février dernier une révision de ses tarifs en faveur du solaire, désespérant toute une jeune filière qui était juste en train de se structurer. Encore à l’étude, le projet envisage des baisses de tarifs de 40 à 70% pour les centrales de plus de 50 kW, un niveau assez bas qui impacterait bon nombre de projets développés par des agriculteurs. Seules les toitures résidentielles garderaient des tarifs avantageux.

Le calendrier de la révision reste incertain. Selon le ministère de l’Energie, la baisse devrait intervenir en avril 2012 « sauf si le bilan en cours montre la nécessité d’une urgence plus grande »…