L’Elysée et la Ville de Paris adoptent le chauffage par les eaux usées

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Crédit : Mairie de Paris

Utiliser la chaleur des eaux usées pour se chauffer est en train de devenir un « must » à Paris : alors que l’Elysée annonçait, hier, que le palais présidentiel adopterait cette technologie à partir de l’été 2011, le maire de la capitale, Bertrand Delanoë, inaugurait ce matin un projet pilote de chauffage grâce à la chaleur des égouts au sein du groupe scolaire Wattignies, dans le 12ème arrondissement. Une belle publicité pour le groupe GDF Suez, qui a remporté les deux contrats via ses filiales Compagnie Parisienne de Chauffage Urbain (CPCU), délégataire du service public de distribution de la chaleur à Paris, et Lyonnaise des Eaux, détentrice du procédé breveté « Degrés bleus ».

Le système utilise la chaleur émanant des eaux usées (eaux des salles de bains, cuisines…) évacuées dans les canalisations. Il consiste à prélever les calories de ces eaux et à les transférer aux bâtiments grâce à des pompes à chaleur. Le captage de la chaleur se fait via des échangeurs thermiques placés dans les canalisations.

Le dispositif peut être mis en place dans des égouts qui ont assez de débit pour assurer une température constante et permettre la récupération thermique. Il cible donc surtout les grands ensembles de bâtiments (écoles, complexes sportifs…) ou les quartiers à forte consommation de chaleur. En moyenne, les eaux usées produites par 100 habitants permettent de chauffer 10 habitants. S’il est avantageux sur le plan énergétique, il coûte cependant relativement cher à mettre en place dans un parc ancien. Autre inconvénient : le bâtiment à chauffer doit être proche de l’égout pour éviter les déperditions d’énergie.

Un procédé suisse

Le procédé « Degrés bleus » a été racheté par Lyonnaise des Eaux à la société suisse Rabtherm en 2007. Fréquent en Suisse, il commence à se répandre en France : il est déjà utilisé à la piscine de Levallois-Perret, à l’hôtel de ville de Valenciennes, à l’hôtel de la communauté urbaine de Bordeaux… Et il y a quelques jours était inauguré le premier éco-quartier chauffé ainsi en France, à Nanterre : des échangeurs thermiques ont été installés sur le réseau d’assainissement de l’éco-quartier Boule/Sainte-Geneviève.

A l’Elysée, sa mise en place dans le palais présidentiel et ses annexes doit permettre de réduire la  consommation d’énergie fossile de 63%, évitant ainsi l’émission de 206 tonnes de CO2 par an. Pour le groupe scolaire Wattignies, il permettra de couvrir plus de 70% des besoins annuels de chauffage de l’école et d’éviter l’émission de 76,3 tonnes de CO2 chaque année, selon la Ville de Paris. L’école a été équipée d’une pompe à chaleur et 60 mètres d’échangeurs ont été posés. Le groupement CPCU/Lyonnaise des Eaux a investi 400 000 € dans cette installation.

Après cette expérimentation, Bertrand Delanoë a annoncé la mise en place d’autres dispositifs similaires à la mairie du 3e, à la piscine de l’Aspirant Dunand (14e) et au groupe scolaire Lacordaire (15e).

 

 

 

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