France Bois Forêt : le marché de la construction bois grimpe et s’ouvre aux feuillus

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La cote des maison en bois ne cesse de monter en France ! L’arrivée de normes contraignantes pour les bâtiments neufs, avec la réglementation thermique 2012, catalyse le marché et renforce la concurrence avec les autres matériaux de construction, comme le béton par exemple. Les prévisions de croissance de la maison à ossature bois pour les prochaines années sont élevées, indique Jean-Pierre Michel, président de l’interprofession France Bois Forêt. Selon lui, le bois d’oeuvre en construction ne se cantonnera plus aux seuls résineux, mais utilisera aussi des essences de feuillus. Une petite révolution en gestation.

« Les maisons à ossature bois représentent 8% du marché des constructions neuves par an, relève Jean-Pierre Michel. Mais la progression est très rapide avec des taux de croissance annuelle de 20 à 25%. Dans certaines régions de France, comme la Haute-Savoie, ce taux peut grimper à 35, voire 40 %. A ce rythme, la construction bois pèsera près de 20% du marché à l’horizon 2014. »

Une autoroute de développement

Un optimiste confirmé récemment par les prévisions du cabinet Xerfi qui estime que le marché devrait presque doubler entre 2010 et 2014, pour atteindre près de 22.500 maisons mises en chantier annuellement. Sur la période 2000-2008, le marché a déjà été multiplié par 3, passant de 5.000 maisons construites par an à 15.000 unités, note Xerfi.

À plus long terme, grâce aux contraintes à venir dans le bâtiment (isolation phonique, performance thermique et énergie positive…), Jean-Pierre Michel estime que le bois de construction offre une véritable autoroute de développement pour les 20 prochaines années.

Le marché de la construction bois est actuellement possible grâce aux résineux, une essence d’arbre dont les propriétés (séchage, travail du bois…) sont historiquement adaptées à la construction. Il existe aussi des alternatives avec des bois exotiques. « Mais aujourd’hui, nous travaillons sur les feuillus, l’autre grande essence d’arbre », souligne Jean-Pierre Michel en évoquant les hêtres, par exemple. Grâce au développement de techniques innovantes, comme des procédés de chauffe de bois, il est envisageable d’utiliser le feuillus pour le bois de construction. »

Réserve biologique dirigée " Futaie Colbert" en forêt domaniale de Tronçais (Auvergne)

Réduire les exportation françaises de résineux

Outre une diversification des ressources, l’enjeu est aussi de réduire la dépendance de la France aux importations de bois de construction issus de résineux. « La pays importe environ 4 millions de m3 de résineux, principalement des pays d’Europe du nord, comme la Finlande, la Suède ou l’Autriche, précise Jean-Pierre Michel. Nous espérons compenser ces achats par le recours à des feuillus, avec la volonté d’utiliser le plus possible des bois locaux. » Des sociétés investissent ainsi dans des techniques tournées vers les feuillus, note le président de France Bois Forêt.

En France, la forêt représente un stock de bois de 2.400 millions m3 et la croissance biologique annuelle est d’environ 100 millions. En moyenne, 60 millions m3 sont utilisés par an par trois industries principales : le bois énergie (chauffage, électricité…), le bois d’oeuvre (construction, ameublement, lutherie, emballage…) et le bois d’industrie (pâte à papier, panneaux de particules…). Au final, 40 millions m3 par an viennent donc s’ajouter au stock de la forêt française. « Nous pouvons développer le marché du bois de manière raisonnée et durable sans mettre en péril le capital forêt de nos petits-enfants », résume Jean-Pierre Michel.

 

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