Biomasse : Archimbaud sécurise son approvisionnement en bois (Premium)

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La course au bois s’intensifie pour les producteurs de granulés, destinés à alimenter les poêles et chaudières. Alors que le groupe EO2 a dû suspendre son projet d’usine dans les Landes faute d’être sûr de ses approvisionnements, son concurrent Archimbaud vient de racheter une petite entreprise familiale ...

, Migeon Frères, pour alimenter ses quatre presses.

Créé dans les années 50 à Secondigny (Deux-Sèvres), Migeon Frères est spécialisé dans la fabrication de palettes en bois. La société a réalisé un chiffre d’affaires de près de 7 millions d’euros pour son exercice 2009-2010 (clos au 30 septembre) avec un effectif de 38 salariés. A l’occasion de leur départ en retraite, les dirigeants ont vendu la totalité de leurs parts au groupe Archimbaud pour un montant non dévoilé.

Archimbaud, l’un des deux leaders du marché français

Egalement implantée dans les deux-Sèvres, la scierie Archimbaud poursuivra l’activité de palettes mais elle compte aussi utiliser les sciures pour produire des granulés. Un moyen de sécuriser un peu plus son approvisionnement en bois. Le groupe est en effet l’un des deux plus importants producteurs de pellets (l’autre nom des granulés) à ce jour en France avec une capacité de production de 80 000 tonnes par an, un niveau identique à celui de son principal concurrent EO2.

Fondée en 1992 par Jean-Pascal Archimbaud, la scierie du même nom est présente sur les palettes, les produits connexes (copeaux, plaquettes…) et les granulés. Elle compte aujourd’hui quatre presses pour produire des granulés sur son site de Secondigné-sur-Belle.

Le marché des pellets est en forte croissance en France et la demande ne cesse d’augmenter : la production a approché les 500 000 tonnes en 2010 et elle devrait dépasser le million de tonnes en 2012, selon une étude publiée en 2010 par Terres d’Europe-Scafr et la Fédération Nationale Safer. A condition toutefois que l’approvisionnement en bois suive, ce qui n’est pas gagné tant la filière est peu structurée et très atomisée.

Difficultés d’approvisionnement pour EO2

EO2 en a fait l’amère expérience : le groupe fondé en 2006 et dirigé par Guillaume Poizat a ouvert en 2008 un premier site de production en Auvergne, doté d’une capacité de 80 000 tonnes par an et qui a réalisé 10 millions d’euros de produits d’exploitation l’année dernière (exercice clos en juin). Il avait prévu de mettre en service en 2011 un deuxième site dans les Landes (EO2 Sud Ouest), d’une capacité de 150 000 tonnes. Mais le projet a été suspendu il y a quelques mois en raison de la « remise en cause de contrats d’approvisionnement en bois par de grandes signatures ». Les négociations avec les fournisseurs pressentis se poursuivent mais EO2 a provisionné le coût de ce projet, soit 1,7 million d’euros, dans ses comptes. Et aucune date n’est aujourd’hui indiquée pour sa réalisation.

EO2, qui est coté sur le Marché Libre à la Bourse de Paris, avait pourtant ouvert son capital à l’Office national des forêts en 2009 en espérant que cet actionnaire l’aiderait aussi à sécuriser ses approvisionnements en bois. L’entreprise avait ensuite relevé des fonds auprès du Fonds bois de CDC Entreprises et du fonds d’investissement A Plus Finance.

Un autre acteur ambitieux sur ce secteur, le groupe Moulinvest, a récemment levé des fonds avant de s’introduire sur Alternext à la Bourse de Paris. Historiquement actif dans la scierie comme Archimbaud, il veut lui aussi profiter de l’essor de la demande en granulés. Il vise une capacité de production de 60 000 tonnes dès l’exercice 2011-2012, ce qui le placerait en troisième position sur le marché.