Renault va produire des moteurs électriques en France

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A quelques jours de la publication de son plan stratégique, le 10 février, Renault semble remettre le « made in France » au coeur de sa politique industrielle. Alors que ces dernières années, la tendance était plutôt à la délocalisation de la production chez les grands constructeurs, le marque au losange semble vouloir inverser la tendance.

C’est en effet ce qu’a annoncé le groupe, le 2 février, dans un communiqué sur sa stratégie industrielle : 5,7 milliards d’euros seront investis d’ici à 2013 dans  les sites industriels, dont 40 % en France. Mieux encore, 80% des véhicules électriques vendus dans le monde par le constructeur seraient produits en France à l’horizon 2015. L’utilitaire Kangoo ZE doit être produit à Maubeuge (Nord) et la Zoé ZE à Flins (Yvelines).

Si la production des trois premiers moteurs électriques de Renault, destinés aux modèles Kangoo, Fluence et Twizy dont la commercialisation est attendue pour le second semestre 2011, a été confiée à l’équipementier allemand Continental, ceux de troisième génération accoucheront en interne. Les moteurs et les batteries – les pièces les plus stratégiques – équipant la future citadine Zoé, dont la commercialisation doit démarrer en 2012, seront progressivement fabriqués respectivement à Cléon (Seine-Maritime) et Flins (Yvelines).

Cléon décroche la « palme du green »

Site phare de mécanique (moteurs et boîtes de vitesse) de la marque au losange et emblème du partenariat avec Nissan, Cléon gagne ainsi « la palme du green ». Son directeur, Philippe Nottez, s’en est d’ailleurs réjoui dans le quotidien Les Echos * :  en produisant 100 000 moteurs par an, l’usine sera « la première du monde à fabriquer des moteurs électriques en série ». La fabrication des moteurs de la Zoé à Cléon est prévue à partir de 2013.

Quant à l’usine de Flins, la plus importante et, depuis la fermeture du site de Boulogne-Billancourt, la plus ancienne du groupe, elle devrait produire 50 000 batteries dès 2011 et jusqu’à 250 000 en 2015.

Renault a l’ambition de devenir le leader mondial du véhicule électrique, alors que ses grands concurrents sont plus prudents. Toyota et Honda parient davantage sur l’hybride et Peugeot sur les deux tableaux (hybride-diesel et électrique). Le groupe dirigé par Carlos Ghosn a déjà investi 4 milliards d’euros en R&D auxquels s’ajoute 1,5 milliard co-investi avec le japonais NEC pour le développement de batteries lithium-ion. Renault poursuit son investissement dans ce sens à hauteur de 20 millions d’euro par an pour une nouvelle génération de batteries prévues pour 2018. Pour Carlos Ghosn, le « tout électrique » représenterait 10% du marché automobile mondial en 2020.

Michel de Vaucorbeil

* édition du 2 février