NKM précise la feuille de route des EnR pour 2011

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A l’occasion du colloque annuel du Syndicat des Energies Renouvelables, qui se déroulait aujourd’hui à Paris-La Défense, Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Ecologie, a détaillé sa feuille de route devant plus de 500 acteurs de la filière. « 2011 verra des annonces importantes en matière de soutien aux énergies renouvelables », a annoncé la ministre, très enthousiaste. Pour elle, le Grenelle de l’environnement doit aboutir au développement de filières industrielles et d’emplois, en parallèle du volet environnemental. Mais attention : « la construction des filières ne se fait ni sur les bulles, ni sur les évolutions erratiques », a précisé NKM en évoquant le photovoltaïque.

Solaire photovoltaïque : vers un pilotage par les coûts ?

« Le gouvernement souhaite avoir une filière d’excellence sur le solaire. » Et NKM évoque les deux AMI lancés en janvier sur le solaire et passés inaperçus, selon elle. « Un signal envoyé à la filière de soutien aux technologies françaises et de soutien à l’export », a-t-elle insisté.

Concernant le décret du 9 décembre sur la mise en place d’un moratoire de trois mois sur les contrats d’achat, NKM se défend en soulignant qu’il n’était pas possible juridiquement de faire le tri entre les bons et les mauvais projets de la file d’attente. Et d’indiquer aussi que le déficit commercial de la France sur ce marché de 1,5 milliard d’euros en 2010.

Après la fin de la période de concertation, elle a annoncé que le nouveau cadre de développement entrerait en vigueur début mars, après la fin du moratoire le 9 mars. Elle n’a rien annoncé sur le fond, mais a indiqué qu’elle entendait « par exemple très bien la proposition d’avoir une régulation fondée sur un objectif de volume en termes de CSPE, et non pas forcément seulement de volume en puissance. » L’objectif des 5 400 MW installés en 2020 est en effet un sujet de blocage actuellement. Pour autant, certains acteurs économiques contestent actuellement la faisabilité d’un tel pilotage, et les rouages d’un tel dispositif doivent être clarifiés, selon la ministre.

Autre piste chère à NKM : les critères d’intégration au bâti. « C’est un des outils que nous avons pour pouvoir flécher plus fortement vers une production à haute valeur ajoutée et participer plus utilement au développement d’une filière industrielle nationale. Enfin, il faudra aller plus loin sur la haute qualité environnementale (recyclage, analyse du cycle de vie du produit…) ».

Eolien offshore : un signal fort

« Notre ambition et notre détermination sont intactes. Le président de la République a voulu le montrer personnellement la semaine dernière en retenant l’option la plus ambitieuse (une première tranche de 3GW – NDLR) pour le lancement de l’éolien offshore », a déclaré la ministre. Le cahier des charges de l’appel d’offres doit être ouvert à la consultation dès aujourd’hui sur le site de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). L’appel d’offres sera lancé officiellement début mai, et le dépôt des dossiers est prévu en novembre prochain. La sélection se fera au 1er semestre 2012.

Eolien terrestre : « l’énergie la plus compétitive »

L’éolien terrestre est absolument indispensable pour attendre l’objectif de 23% d’EnR en 2020 et l’une des énergies renouvelables les plus compétitives, a rappelé la ministre. Elle souhaite que les schémas régionaux offrent une bonne place à l’éolien, mais persiste dans le classement des éoliennes en ICPE. Dans tous les cas, « le cadre doit nous permettre de tenir nos objectifs d’au moins 500 mâts installés par an. »

Biogaz : un dispositif de soutien en préparation

La France a « des avantages compétitifs considérables… mais le pays est plus qu’en retard. On n’a pas vraiment démarré », regrette la ministre. Le biogaz est pourtant particulièrement exemplaire, avec le traitement des déchets. La ministre veut avancer rapidement avec le ministre de l’agriculture sur cette thématique, avec la mise en place d’un dispositif complet de soutien : tarif de rachat et conditions d’injection du gaz propre dans les réseaux. Le calendrier est serré pour cette première phase : courant février. La deuxième tranche d’un dispositif biogaz pourrait aussi être lancé en mai ou juin prochain.