Gevo en Bourse : la première IPO d’une cleantech en 2011 se passe bien (Premium)

Print Friendly, PDF & Email

C’est un doublé pour une société de biocarburants de nouvelle génération soutenue par Total : après Amyris en 2010, le groupe américain Gevo a levé 107 millions de dollars en se cotant à New York mardi. C’est un demi-succès, mais un succès quand même : Gevo, dont Total est devenu en 2009 l’un des actionnaires de référence, avait l’été dernier déposé un avis d’entrée en Bourse pour 150 millions de dollars, mais avait le mois dernier ramené ses ambitions à 100 millions environ. Avant l’introduction, Total a investi au moins 17 millions de dollars dans le groupe et en détenait 13%. ...

Gevo, qui affiche des pertes de 30 millions pour 2011 pour des recettes de moins de 2 millions, et a déjà levé 64 milliosn de dollars depuis sa création en 2005, a cédé lors de cette introduction 7,1 millions de titres (ernviron 30% du capital) à 15 dollars pièce, au plus haut de sa nouvelle fourchette –sans doute un prix un peu décevant pour Total (et les autres actionnaires) qui au printemps avait racheté un paquet d’action à 17,12 dollars pièce. Mais l’action a monté de 9,6% au premier jour de cotation.

Gevo est aussi soutenu par le fonds Khosla Ventures de Vinod Khosla ainsi que le fonds Virgin Green Ventures du patron de Virgin, Richard Branson. Total, via son fonds Total Energy Ventures International, en est le 3ème actionnaire, et le premier actionnaire industriel.

Avant l’opération Khosla en détenait 37,6%, Virgin Green Fund 14,8% et Total 13%, après l’opération la part de Khosla est ramenée à 26,8%, celle de Virgin à 10,5% et celle de Total à 9,2%, selon le prospectus d’introduction. Chacun des trois actionnaires dispose d’un siège au conseil d’administration de Gevo.

Total avait acheté entre mars et mai 2010 pour 5 millions de dollars d’actions Gevo au prix de 17,12 dollars pièce. Mais en août 2009 le groupe français avait acheté pour 12 millions d’actions au prix de 7,04 dollars pièce. Soit un prix moyen de l’action pour les 13% que Total detenait avant l’IPO inférieur à 10 dollars pièce. Globalement, l’opération est donc un succès pour le groupe pétrolier français et les autres actionnaires de Gevo.

Après une série de déceptions en 2010 (Voir Repère : fortunes et déceptions des introductions en Bourse des cleantech en 2009-2010-2011), cette première IPO de l’année dans les cleantech est donc plutôt encourageante, surtout pour le jeune secteur des biocarburants de 3ème génération. Gevo a fait mieux que ses rivales, Codexis et Amyris, qui n’ont levé en Bourse l’an dernier que 78 millions de dollars pour la première et 85 millions pour la deuxième.

Gevo, qui n’a jamais été bénéficiaire, produit de l’isobutanol, un dérivé alcoolique qui peut être utilisé comme additif à l’essence mais peut aussi servir à fabriquer des produits comme le caoutchouc, les lubrifiants et les plastiques.

Gevo n’a encore jamais été rentable mais aligne des lettres d’intérêt de Total, United Airlines et d’autres acheteurs potentiels de ses biocarburants et produits biochimiques. La société compte démarrer une production commerciale en 2012. Notamment en février 2010 Gevo avait signé une lettre d’intérêt avec la filiale de Total, Total Petrochimicals, qui estimait avoir besoin de 20 à 38 millions de litres d’isobutanol pendant la première année de cet accord, qui peut être renouvelé.

Khosla était aussi l’un des actionnaires d’Amyris, et a également investi dans d’autres jeunes entreprises américaines du secteur comme LanzaTech, Coskata, Mascoma, Range Fuels, LS9 qui a levé de gros fonds tout comme Kior, qui tente actuellement d’obtenir une garantie de crédit de 1 milliard de dollars du gouvernement américain.