Eolien offshore : Une douzaine de projets encore en course (PwC)

Print Friendly, PDF & Email

Entre douze et quinze projets entrent dans le cadre des cinq zones propices définies par l’Etat pour l’appel d’offres éolien offshore de 3 GW, selon Olivier Vialle, associé au sein du pôle Strategy du cabinet PwC. Et pour lui, le projet de cahier des charges actuellement ouvert à la consultation privilégie clairement la constitution de consortiums. Les discussions pour former des alliances devraient s’accélérer dans les prochaines semaines.

GreenUnivers : Dans le rapport que vous avez publié en décembre dernier sur l’éolien offshore (*), vous appeliez au  lancement rapide de l’appel d’offres pour amorcer la filière industrielle française. Les annonces faites depuis par le gouvernement vont-elles dans le bon sens ?

C’est une très bonne nouvelle car le gouvernement a finalement opté pour un appel d’offres de 3 GW, et non pas 2 GW comme il en avait été un temps question. Les industriels ont ainsi une meilleure visibilité. Même s’il sera peut-être difficile d’atteindre l’objectif de 6 GW en 2020 en démarrant aujourd’hui. Et il faut aussi rappeler que les ambitions françaises restent modestes par rapport à d’autres pays, et notamment le Royaume-Uni qui compte déjà plus de 1,3 GW installé au large de ses côtes.

GU : Sur la petite quarantaine de projets identifiés fin 2010, combien d’entre eux restent aujourd’hui en lice ?

Il doit rester entre douze et quinze projets qui entrent dans les cinq zones propices retenues par l’Etat. Certains développeurs doivent refaire leurs travaux, car ils ne sont pas bien placés. Dans certaines zones, il ne devrait y avoir qu’un ou deux dossiers en compétition alors que dans d’autres, la concurrence sera plus forte. Les zones les plus au sud sont celles où il y a le plus grand nombre de candidats, la bataille y sera rude.

GU : quels sont les premiers enseignements que l’on peut tirer du projet de cahier des charges de l’appel d’offres, actuellement ouvert à la consultation ?

Il faut d’abord noter que les délais sont très courts, entre l’ouverture de l’appel d’offres en mai et la clôture en novembre prochain. D’autant que les projets ont besoin d’un certain nombre de validations et d’autorisations, qui prennent du temps. Cela donne un net avantage aux projets déjà bien avancés qui ont bien préparé le terrain sur le plan technique, avec les riverains… Il sera difficile pour de nouveaux entrants de se positionner dans un délai aussi court. En ce qui concerne les critères de sélection, les pouvoirs publics accorderont une note maximale de 100 avec trois critères : le prix (maximum 40 points), le volet industriel (40 points) et le respect de l’environnement (20 points). Sur le prix, les différences ne devraient pas être très fortes entre les dossiers compte-tenu des modalités de calcul. Les autres critères seront donc très importants et notamment le volet industriel : les pouvoirs publics vont s’intéresser aux capacités de production, à la sécurisation des approvisionnements, à l’impact des activités, aux créations d’emplois… Tout cela pousse à la constitution de consortiums solides. L’Etat veut un chef de file par projet mais il ne demande pas seulement un plan et une cartographie du parc : toute la chaîne de sous-traitants doit être détaillée.

GU : Des alliances commencent à se constituer : EDF EN avec Alstom et Poweo, DCNS avec STX. Est-ce le début d’un grand mouvement de rapprochements ?

L’intérêt d’une alliance entre EDF EN et Poweo, qui a deux dossiers dans les zones, est évident pour se positionner sur plusieurs parcs. Les tractations sont nombreuses actuellement, on devrait assister à d’autres rapprochements dans les prochaines semaines et on pourrait avoir quelques surprises. D’autant que les investissements nécessaires sont énormes – jusqu’à près de 3 milliards d’euros pour les plus grands parcs. Pour de grands groupes intéressés par ces marchés, notamment des énergéticiens étrangers, il peut être plus simple de s’allier avec des acteurs de taille plus modeste mais qui ont pris de l’avance et bénéficient d’une bonne implantation locale plutôt que de lancer leur propre projet. Mais compte tenu du timing serré imposé par l’appel d’offres, la plupart des accords devraient être scellés d’ici à l’été.

* PwC a publié en décembre dernier un rapport intitulé « Eolien offshore : vers la création d’une filière industrielle française ? » (A télécharger ici Rapport Pwc éolien offshore– PDF)