Comment Voltalis compte gagner de l’argent (Premium)

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« Nous sommes la seule filière d’énergies renouvelables rentable sans aucune subvention », lance  Pierre Bivas, fondateur et PDG de Voltalis, en partant du constat que l’énergie la plus propre, c’est celle qu’on évite de consommer. Fondée en 2007, la société parisienne qui emploie une centaine de salariés est le spécialiste français – et européen – de l’effacement diffus de la consommation d’électricité. Une activité qui déplaît aux opérateurs d’énergie mais que la récente loi Nome (Nouvelle organisation du marché de l’électricité) va permettre de développer. Pour GreenUnivers, Pierre Bivas détaille son activité et son modèle économique.

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  1. RTE paie tout simplement un prix librement formé par le marché.

    En effet, la production d’effacement diffus est en concurrence avec les autres productions offertes à RTE pour l’ajustement (chacune à un prix librement fixé par le producteur) et RTE l’appelle dans la mesure où elle est moins chère. N’entre même pas en considération dans le choix de RTE le fait qu’elle est aussi la moins polluante, et qu’elle fait faire des économies d’énergie aux adhérents, au pays, à la planète.

  2. Monsieur Cueugniet rapporte ici les confusions et erreurs que l’on a pu lire ici ou là sur ce sujet, et qui, comme sa dernière remarque le montre, n’ont d’autre but que de protéger les opérateurs d’électricité face à nous qui aidons les consommateurs à réaliser des économies d’énergie, et réduire leur facture.

    Le principe de l’effacement diffus est très simple : il s’agit de produire des économies d’énergie, ce qui est la production la plus écologique et la plus sociale qui soit.

    Cette production est en tous points substituable aux autres productions, puisqu’elle permet de les éviter. Ce constat évident est reconnu par tous les acteurs, même les producteurs d’électricité (malgré la concurrence que la production d’effacement leur fait, marginalement), et notamment par la CRE et par RTE qui y trouve un moyen d’ajustement de l’équilibre – indispensable – entre production et consommation.

    La question que les fournisseurs ont soulevée ne porte pas sur la valeur de cette production, donc sur les revenus de l’effacement diffus, mais sur une charge qu’ils ont souhaité lui imposer.
    En effet, certains fournisseurs ont demandé (puisque la CRE leur posait la question de leur intérêt face à cette innovation) que cette production soit rendue équivalente pour eux, c’est-à-dire que leur revenu soit le même, que leurs clients consomment ou non (selon les termes mêmes d’EDF).
    La solution proposée par les fournisseurs a consisté à nous demander de payer à la place des consommateurs pour l’énergie qu’ils ne consomment pas et que d’ailleurs personne n’a produite.

    Il faut noter que la « solution » est mathématiquement exacte : si les clients ne consomment pas, mais que Voltalis paie à leur place, cela fait le même revenu pour EDF.
    Elle est cependant économiquement absurde : il n’y a aucune raison pour que le revenu d’une entreprise soit indépendante de ce que ses clients achètent ou non. C’est en outre politiquement absurde, puisque cela revient à garantir le revenu des fournisseurs malgré la baisse de consommation, c’est-à-dire à instituer une « taxe » sur les économies d’énergie réalisées par Voltalis, au bénéfice du vendeur d’énergie.

    En outre, cette « solution » est juridiquement erronée, car il revient à la CRE de réguler le marché « au bénéfice des consommateurs finals » comme le précise la loi de 2000 qui définit sa mission (article 28), et non dans le but de protéger les fournisseurs contre l’économie d’énergie, ni les producteurs en place contre une nouvelle production. Voltalis a formé un recours contre la décision de la CRE entérinant cette « solution », devant le Conseil d’Etat dont le rapporteur public s’est prononcé contre la CRE, et contre EDF venue à sa défense.

    M. Cueugniet, et les lecteurs de GreenUnivers, pourront à leur convenance approfondir la question, et se convaincre de la force du bon sens, en lisant les analyses américaines sur cette question : les fournisseurs y avaient cette même position de défense, mais le régulateur (la FERC) a pris position en fonction de l’intérêt du consommateur. La FERC a ainsi tranché la question par une décision du 15 mars 2011 imposant que le MWh de production d’effacement soit traité comme tout autre MWh produit par les autres filières, et payé le même prix de marché – à l’exclusion de toute « taxe sur les économies d’énergie » que réclamaient les fournisseurs.

    Ces remarques suffisent à montrer qu’il serait illusoire, vu le conflit d’intérêt direct qu’elle suscite pour eux, de compter sur les fournisseurs pour développer cette nouvelle filière de production, qui est au demeurant très différente par nature, et par son effet sur le système électrique, d’un simple levier tarifaire dont on connaît les mérites, mais aussi dont on reconnaît les limites.

    Ces limites ont d’ailleurs été abondamment débattues et reconnues notamment dans le cadre du groupe Poignant-Sido, du nom des deux parlementaires qui ont remis l’an dernier un rapport au Ministre sur la façon de couvrir les pointes de consommation. Ce rapport rappelle l’insuffisance des tarifs EJP, que loue M. Cueugniet, mais dont l’effet est passé de 6 GW à 3 GW, alors que le potentiel de l’effacement diffus est plutôt de 15 à 20 GW selon ce même rapport. Ce rapport a ainsi débouché sur des dispositions législatives dans le cadre de la loi NOME du 7 décembre 2010, qui prévoit que la pointe soit couverte par des « capacités d’effacement ou de production », marquant à la fois l’équivalence entre ces moyens et la priorité à l’effacement.

    Ces considérations ne tiennent même pas compte des gros avantages techniques, économiques, écologiques et sociaux de l’effacement diffus, qui en font la seule filière de production à la fois commandable (ce que ne sont pas les nouvelles énergies renouvelables), bénéfique pour l’environnement (puisque sans aucune émission de CO2 et sans les risques attachés aux productions nucléaires ou hydraulique) et directement profitable au consommateur (puisqu’elle permet de réduire sa facture, au lieu de l’accroître comme le font les ENR).

    Notons M. Cueugniet que l’effacement diffus est triplement bénéfique pour les consommateurs :

    1. La production d’effacement diffus est mobilisée par les acteurs, notamment RTE, que dans la mesure où elle est moins chère que les autres productions, ce qui réduit donc les coûts pour le système électrique et notamment son équilibre.
    En outre la production d’effacement diffus ne requiert pas de réseau pour son transport, lequel constitue la moitié du prix de l’énergie rendue chez le consommateur. Ce faisant, elle apporte aussi une économie en évitant les pertes attachées à l’acheminement des autres productions.

    2. L’effacement diffus fournit une capacité vingt fois moins chère que toutes les autres filières. Ceci signifie par exemple que couvrir la pointe par des capacités d’effacement (plutôt que par des centrales à gaz et des réseaux) est à la fois beaucoup plus écologique et beaucoup plus économique – ce qui signifie que c’est un moyen d’éviter à la collectivité (donc in fine à tous les consommateurs) 5 milliards d’euros de dépenses par an. On comprend bien l’attention du rapport Poignant/Sido et de la loi NOME à la question !

    3. L’effacement diffus est un véritable levier de développement durable, écologique et social
    Il fournit à chacun de nos adhérents un moyen gratuit pour faire des économies directes, donc de réduire sa facture jusqu’à 15%, d’une part parce que nos effacements lui apportent des économies d’énergie sans modification du confort et sans effort ni frais (il y a un bien un report partiel de l’énergie non consommée, mais très minoritaire, ce qui fait au total des économies) ; d’autre part parce que nos boîtiers BluePods lui offrent un suivi de sa consommation en temps réel et détaillé par usage, ce qui lui permet d’identifier les gisements d’économie d’énergie, de définir des actions et d’en constater le bénéfice, tous aspects dont l’Ademe elle-même souligne le fort impact en temps d’économies d’énergie.

    Pour en faire l’expérience lui-même, inviterais-je M. Cueugniet à rejoindre la communauté des adhérents équipés d’un BluePod, qui participent solidairement à l’efficience du système électrique et à la protection de l’environnement, et, sans aucune dépense, améliorent directement leur pouvoir d’achat ?

    Sans doute y a-t-il déjà pensé, en tant qu’ingénieur des télécoms donc féru d’innovation, et si ce n’est pas déjà fait, c’est parce qu’il ne serait pas chauffé à l’électricité. Sinon, nous l’accueillerons avec plaisir !

    Salutations à tous.

  3. Le principe des effacements diffus est complexe, et les débats dans la revue de la CRE sur la rémunération des acteurs ont bien montré qu’il y avait problème.
    En fait la consommation n’est pas évitée, mais seulement retardée donc quelqu’un va être payé pour ne pas consommer, mais l’usager devra quand même payer plus tard pour consommer ce qu’il aurait du consommer.
    A titre personnel, je trouve qu’un système tarifaire simple (on monte le prix pendant les heures de pointe et on le baisse en heures creuses) aurait été beaucoup plus facile à mettre en oeuvre et économiquement plus sain. Ou encore un système EJP, où le client bénéficie d’un tarif avantageux à condition qu’il accepte d’être matraqué aux heures de pointe.
    Dernière remarque: le système serait plus sain du point de vue modèle économique si c’étaient les opérateurs d’électricité (et non des entreprises extérieures comme Voltalis) qui proposaient des offres adaptées à ce type de problèmes.
    Cordialement

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