Le téléphone, meilleur ami de la voiture électrique ?

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Better Place

Si vous avez une voiture électrique, n’oubliez pas votre téléphone mobile ! Sans lui et sa connexion Internet, le concept de station de charge de l’américain Better Place perd de son efficacité, tout comme l’innovation Move in Pure de la Compagnie Nationale du Rhône. Sans lui, impossible de lancer l’application de la Leaf électrique de Nissan ou la Chevy Volt de General Motors. Une application pourtant bien utile pour vérifier l’état de la batterie, communiquer avec sa voiture, voire la contrôler à distance. Le marché de la mobilité propre n’a pas encore véritablement décollé, mais les signes d’une alliance étroite entre véhicule électrique et téléphone intelligent (smartphone) se multiplient.

Une tendance de fond

La tendance est déjà de mise dans le smartgrid et la maîtrise de la consommation d’énergie dans les bâtiments. Elle se confirme aussi dans le transport : les innovations en matière de technologies propres sont étroitement liées aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Grâce à l’arrivée des modèles électriques et hybrides, Internet va faire une entrée fracassante à l’intérieur de la voiture, et dans l’écosystème autour de la voiture (infrastructure et utilisateur).

Localiser une borne de recharge en voirie ou encore communiquer avec un distributeur d’énergie, les possibilités sont nombreuses. Avec les smartphones, de nombreux scénarios de techno-mobilité sont envisageables.

Compagnie Nationale du Rhône

Un outil communicant avant tout

L’exemple de la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) avec son concept Move in Pure est frappant. La société propose d’allier les véhicules propres, et leur besoin en carburant électrique, à l’intermittence de sa production d’énergies renouvelables (hydroélectricité, éolien et solaire). Elle a conçu un dispositif qui comprend un petit boîtier à installer dans la voiture, avec notamment un module GPRS (pour la communication sur le réseau de téléphonie mobile) et un GPS (pour l’aide à la localisation). Ce système embarqué va communiquer avec un système de gestion centralisé à la CNR.

L’utilisateur, lui, pourra interagir avec la CNR et son véhicule électrique grâce à son téléphone mobile, connecté à Internet. Il transmettra à la société des informations avec son terminal mobile, comme la durée de son stationnement, et l’autonomie énergétique nécessaire pour son véhicule à une heure de départ précise. De cette manière, la CNR compte recharger de manière intelligente la batterie du véhicule, en fonction des nombreuses variables du réseau et de sa production (heure de pointe, disponibilité de l’énergie…).

Le véhicule électrique interactif…

Le conducteur, à distance, reste informé en permanence de l’état de charge de son véhicule. Il est prévenu par une alerte des moments clés de la recharge, et peut consulter son historique de consommation de carburant électrique. Cette solution développée par la CNR n’est pas nouvelle. L’israëlo-américain Better Place, et son concept de station service pour remplacer en quelques minutes la batterie vide d’un véhicule, avait déjà propulsé le smartphone dans l’écosystème de la voiture, connectée électriquement et numériquement.

Smartgrains

« La voiture n’a pas beaucoup évolué, alors que le monde autour d’elle à fondamentalement changé », lâchait Carlos Ghosn, grand patron de l’Alliance Renault-Nissan, le 8 décembre dernier, à la conférence LeWeb’10 à Paris. Le PDG d’un grand constructeur automobile parlait de NTIC lors d’une grande messe européenne sur l’Internet !

…est une plateforme

Selon lui, le véhicule électrique est une plateforme. Une plateforme ouverte sur laquelle viennent se greffer des systèmes et des applications. « Mais nous sommes encore loin de ce que sera la réalité dans quelques années », indiquait Carlos Ghosn.

La voiture propre de demain sera interactive avec son environnement, grâce au progrès technologique, mais aussi par nécessité pour polluer moins, éviter les embouteillages par exemple, ou tout simplement pour se garer plus intelligemment. La start-up francilienne Smartgrains a ainsi mis au point un système intelligent pour éviter de tourner en rond lorsqu’on cherche une place de stationnement en ville, réduisant ainsi l’émission de CO2 des voitures thermiques, tout en gagnant du temps.

Des solutions même pour les véhicules thermiques

Et Smartgrains place aussi le téléphone au centre de son dispositif. Concrètement, la société installe préalablement des petits capteurs sur des parkings en voirie capable de reconnaître si la place est libre ou occupée. Grâce à sa technologie, elle fait ensuite migrer cette information de capteurs en capteurs, jusqu’à un récepteur qui se charge d’envoyer l’information à un système de gestion connecté à Internet. Avec ce système, un conducteur qui cherche une place en ville peut savoir en temps réel, grâce à son smartphone et une application dédiée, où se trouve la place libre la plus proche. Le concept est testé actuellement à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine).

Alexandre Simonnet