Les flottes, la clef pour propager les véhicules électriques aux USA

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General Electric vient de commander 25.000 voitures électriques pour sa flotte, qui deviendra ainsi électrique à 90% : c’est sans doute le plus gros achat de voitures électriques jamais enregistré. Et qui confirme, comme le supputent les constructeurs, que les flottes d’entreprises seront le premier agent de la démocratisation de ces véhicules encore élitistes. La commande de GE sera aussi un test majeur de l’intérêt économique d’une flotte électrique.

La flotte de GE est actuellement d’environ 30.000 voitures. GE achètera d’abord 12.000 voitures électriques en 2011, surtout, patriotisme oblige, des Chevrolet Volt, la future hybride essence-électrique du groupe General Motors, qui pourtant ne prévoit d’en construire que 10.000 l’an prochain, mais pourrait pousser sa production jusqu’à 15.000. (Voir la fiche de la Volt dans notre Annuaire des voitures électriques).

Le plus gros propriétaire de voitures électriques

GE deviendra ainsi le plus gros propriétaire de voitures électriques au monde. D’autres grandes entreprises américaines, comme WalMart ou UPS, ont prévu de convertir leur flotte aux modèles hybrides ou électriques, y compris avec des camions électriques, mais sans atteindre l’ampleur de la commande de la GE.

Aux Etats-Unis comme en France, où une commande groupée de 50 000 véhicules par des entreprises et des administrations est en cours, les flottes (qui représentent 16 millions de véhicules aux Etats-Unis) seront donc un élément-clé pour le marché des voitures électriques. Déjà la moitié des voitures électriques vendues sont achetées pour les flottes, selon l’analyste Brandon Mason, de PricewaterhouseCoopers. Les groupes peuvent aussi plus facilement s’équiper de bornes de recharge sur leurs parkings.

Ainsi le groupe d’échanges de batteries Better Place, qui se lance en Israël, travaillera d’abord avec les flottes. Idem pour le groupe de bus électriques Proterra.

Bien sûr, c’est aussi une auto-promotion pour GE, qui fabrique les bornes de recharge WattStation ainsi que des équipements pour améliorer des réseaux électriques qui devront être nettement renforcés pour supporter les besoins des voitures électriques. Aux Etats-Unis, selon les experts, l’amélioration du réseau risque de coûter 150 à 170 millions de dollars pour supporter les recharges des voitures électriques en heures de pointe…

Les entreprises privilégient le coût total d’utilisation

L’association de promotion des véhicules électrique Electrification Coalition, qui réunit des chefs d’entreprise, a publié cette semaine sa deuxième feuille de route pour l’électrification des flottes. L’an dernier, la première préconisait l’adoption de 14 millions de véhicules électriques légers dans les entreprises d’ici à 2020. Un optimisme qui va bien au-delà des prudentes estimations du Département de l’énergie, qui s’attend à 5 millions de véhicules électriques sur les routes américaines en 2035.

Pourquoi commencer d’abord par les flottes ? Parce que les entreprises propriétaires privilégient le coût total d’utilisation, parce que les trajets des voitures d’entreprises sont généralement souvent prévisibles, parce que le parking centralisé facilite leur recharge et parce que les entreprises bénéficient souvent de tarifs d’électricité avantageux. Et enfin, parce que beaucoup de groupes soignent ainsi leur image d’entreprise citoyenne qui contribue à la diminution des émissions de CO2.

Selon Oliver Hazimeh, du cabinet PRTM, le taux de pénétration des véhicules électriques et hybrides-électriques pourrait atteindre 7%  en 2015, malgré un prix qui reste élevé, y compris celui des infrastructures de recharge, et avec toujours la crainte de voir des voitures s’arrêter net pour cause de batterie à plat.

L‘Electrification Coalition recommande une prolongation des crédits d’impôts pour les achats de véhicules électriques légers et de bornes de recharge, ainsi que de nouvelles aides pour les véhicules moyens et lourds. Et récapitule les avantages des voitures électriques : même si elles roulent à l’électricité tirée du charbon, leur bilan carbone reste, selon la Coalition, meilleure que les voitures à essence, et elles réduisent l’usage du pétrole – et donc, argument de poids aux Etats-Unis, les importations de pétrole.

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