Exclusif : L’appel d’offres d’une centrale solaire par région tombe à l’eau

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La rumeur enflait depuis quelques mois déjà sur un possible abandon de l’appel d’offres pour l’installation d’une centrale solaire au sol dans chacune des régions de France. L’Etat aurait en effet décidé en catimini de renoncer à ce grand projet, a confié à GreenUnivers une source bien informée.

Présenté en grande pompe par l’ancien ministre de l’Ecologie et de l’Energie Jean-Louis Borloo en novembre 2008, dans la foulée du Grenelle de l’Environnement, ce dispositif devait être un élément clé du plan national de développement des énergies renouvelables. A la suite de cette annonce, un appel à concurrence a été lancé mi-2009 et les derniers dossiers ont été déposés le 25 janvier 2010, date de la clôture de la procédure. Les résultats étaient initialement attendus au cours de l’été. Mais ils ne sont jamais sortis.

L’appel d’offres portait sur la construction d’ici à 2011 d’une puissance cumulée maximale de 300 MW. An total, 27 tranches étaient concernées, réparties en quatre zones géographiques. Les régions de la moitié sud du pays bénéficiaient de deux projets chacune de 10 MW. Les autres régions devaient avoir une centrale d’une puissance comprise entre 5 et 10 MW.

La cause principale : un essor trop rapide des projets solaires en France

C’est le boom des installations solaires en France qui serait en grande partie responsable de ce renoncement. « Depuis quelques mois, la filière photovoltaïque connaît de profondes évolutions, avec le dépôt d’un nombre important de projets qui placent la France très au-delà de la trajectoire de développement prévue dans la PPI (Programmation pluriannuelle des investissements, NDLR) », indiquent des documents émis par la Direction générale de l’énergie et du climat, datés du 8 novembre dernier, avant le remaniement du gouvernement.

Le texte évoque une autre cause :  « en outre, du fait de la forte baisse des coûts de fabrication des équipements, les prix proposés dans le cadre de l’appel d’offres s’avèrent très supérieurs aux prix permettant actuellement une juste rémunération des capitaux investis »… « Pour ces raisons, le Gouvernement a décidé de déclarer l’appel d’offres sans suite. »

Cet abandon n’a pas encore fait l’objet d’une communication officielle. Contacté par GreenUnivers, le ministère de l’Environnement n’a pas commenté cette information. Pour ne pas perdre la face, le gouvernement proposerait aux développeurs d’étudier la possibilité de réaliser leur projet dans le cadre du nouveau dispositif de soutien au photovoltaïque qu’il va mettre en place dans les prochaines semaines.

L’échec des appels d’offres en France continue

Un certain nombre de développeurs comptait s’appuyer sur ce dispositif pour impulser le développement de centrales solaires. C’est le cas, par exemple, d’un projet de 5 MW mené par l’Etablissement public d’Aménagement de Marne-la-Vallée et Voltalia en Ile-de-France. Un autre projet était conjointement initié par la Communauté d’agglomération de Cambrai (Nord) et EDF Energies Nouvelles sur l’aérodrome de Niergnies-Séranvillers-Forenville.

Ce n’est pas la première fois qu’une procédure d’appel d’offres se finirait par un échec dans le domaine des énergies renouvelables en France. L’exemple le plus flagrant reste dans l’éolien. Lancé en 2004, un appel à concurrence pour l’installation d’éoliennes en mer est resté lettre morte. Il est le plus grand symbole des ratés des pouvoirs publics en la matière. A la veille du lancement d’un nouvel appel d’offres pour installer 3.000 MW d’éolien au large des côtes, attendu depuis déjà plusieurs semaines et sans cesse reporté, le doute sur le succès d’une telle politique en France risque de s’accentuer.