Solaire : Borloo veut privilégier les panneaux français (Premium)

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Le gouvernement souffle le chaud et le froid sur la filière solaire : il vient de baisser une nouvelle fois les tarifs d’achat et de réduire de moitié le crédit d’impôt pour les particuliers, mais Jean-Louis Borloo prépare aussi des mesures pour aider la filière industrielle française.  » Je souhaite conditionner assez rapidement l’obtention du tarif d’achat à des éléments de cycle carbone complet. Il faut tenir compte ...

Le gouvernement souffle le chaud et le froid sur la filière solaire : il vient de baisser une nouvelle fois les tarifs d’achat et de réduire de moitié le crédit d’impôt pour les particuliers, mais Jean-Louis Borloo prépare aussi des mesures pour aider la filière industrielle française.  » Je souhaite conditionner assez rapidement l’obtention du tarif d’achat à des éléments de cycle carbone complet. Il faut tenir compte ...
de la durabilité des panneaux et des conditions de recyclabilité », a indiqué le ministre de l’Ecologie ce matin, lors de la présentation du budget 2011 de son ministère. Il s’agit donc de donner un coup de pouce aux panneaux français, ou en tout cas européens.Voilà qui devrait mettre un peu de baume au coeur de la filière. Depuis quelques semaines, les mauvaises nouvelles s’accumulent en effet sur le secteur. Il y a d’abord eu le rapport Charpin, qui préconise d’instaurer un quota annuel de 300 à 500 MW pour limiter l’expansion des installations, la nouvelle baisse de 12% des tarifs d’achat intervenue au 1er septembre (sauf pour les installations des particuliers) et la réduction de moitié du crédit d’impôt accordé aux ménages pour l’achat de panneaux solaires (de 50 à 25%) qui entre en vigueur dès aujourd’hui (les contribuables pouvant justifier de l’acceptation d’un devis et du versement d’un acompte devraient toutefois bénéficier du taux de 50%).

Jean-Louis Borloo assume complètement ces mesures : « La production d’énergie solaire a progressé de 600% en deux ans et le nombre d’installations a été multiplié par dix. Nous avons simplifié les procédures administratives, mis en place des incitations fiscales et le résultat, c’est que le marché français est le plus dynamique d’Europe. Mais les coûts de production ont fortement diminué, donc il est normal d’ajuster les dispositifs de soutien ».

Tenir compte du « coût carbone »

Mais il constate en revanche que « la violence de l’expansion » profite peu à la filière industrielle française. « Nous avons aujourd’hui une communauté de 600 chercheurs qui travaillent autour de l’Ines sur le solaire, photovoltaïque et à concentration. Nous avons besoin d’avancer et de renforcer la filière ». D’où l’idée de conditionner les mesures d’aide au « coût carbone complet ». Le ministre n’en a pas dit plus sur la manière dont cette mesure pourrait être mise en place, ni sur le calendrier.

Si Jean-Louis Borloo se défend de vouloir faire du protectionnisme, c’est bien les panneaux chinois à bas coûts qui équipent la grande majorité des centrales françaises qui sont visés.

Qui pourrait en profiter ? Le seul producteur de cellules solaires en France est aujourd’hui Photowatt, qui a traversé une zone de turbulences et dont la production reste limitée. Des tentatives sont lancées pour produire des cellules made in France, via notamment le projet PV 20, mais la production est encore loin d’être au rendez-vous.

Il existe en revanche des usines d’assemblage des panneaux, comme celles de Tenesol, Solarezo ou Fonroche, et d’autres sont en construction, dont deux par Solairedirect. L’américain First Solar, roi des cellules à couches minces, doit de son côté construire une usine en Aquitaine, dont la production des dix premières années est réservée à son partenaire, EDF EN, qui finance la moitié de l’investissement.