Bornes de recharge électrique : la bataille du design

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Blink - ECOtality

Des bornes de recharge colorées, au design avant-gardiste et aux lignes épurées vont bientôt fleurir dans les rues ! Avec la promesse d’un marché de masse de la voiture électrique, et donc des infrastructures de recharge, les industriels doivent faire accepter ces bornes aux utilisateurs. Ils comptent sur l’esthétisme, et la compétition commence à faire rage.

Better Place, Nissan, General Electric, Aerovironment pour ne citer qu’eux ont déjà conçu des bornes au design audacieux. En France, Schneider Electric, qui développe des bornes urbaines et domestiques et participe à deux expérimentations, à Strasbourg et dans les Yvelines, n’hésite pas à évoquer le concept de « mobilier urbain. »

©DBT

Standard ou sur-mesure ?

Du côté de la Douaisienne de Basse Tension (DBT), acteur historique français basé dans le Pas-de-Calais, avec 20 ans d’expérience sur les bornes de distribution d’électricité, ce concept est également incontournable. Pour autant, « les bornes doivent pouvoir vieillir correctement et résister aux dégradations et aux intempéries », explique Pierre Verley, directeur de la communication de la société. La DBT privilégie l’utilisation de matériaux inoxydables, par exemple.

Pierre Verley souligne que les sociétés du secteur devront s’adapter à l’environnement des villes pour pouvoir répondre à leurs cahiers des charges. « Chaque projet est spécifique et les bornes peuvent avoir une grande partie faite sur-mesure », note-t-il. L’agglomération de Lille pourrait décider, par exemple, de déployer des bornes différentes de celles de Bordeaux, ou de Nice. Une conception du marché loin du produit standard.

A la Rochelle par exemple, la DBT a fourni des bornes de recharge pour le service d’auto-partage Liselec (YeloMobile). Le design de cette borne métallique, couleur rouille, permet une intégration discrète dans le paysage urbain et est adapté à l’environnement maritime de la ville.

©Schneider Electric - Parking privée

Apporter une valeur ajoutée

La rupture par rapport à la borne de station essence ou le parc-mètre est dans tous les cas très marquée, accentuée par l’utilisation de technologies d’éclairage LED, d’écrans tactiles, et la notion de borne intuitive et numérique.

« L’innovation technique n’est pas là pour la beauté du geste mais bien pour apporter une valeur supplémentaire au client : réservation à distance via un smartphone, optimisation du temps de recharge ou signalétique lumineuse en voirie par exemple, insiste Nicolas Descazeaud, directeur du programme véhicule électrique chez Schneider Electric. De manière générale, l’ergonomie et le design sont très travaillés, au même titre que la sécurité et la simplicité ».

Des bornes signées par des designers en vue

Aux Etats-Unis, le marché est en pleine effervescence, stimulé fin juillet par le Plug-In 2010 en Californie, la grand-messe du secteur. Le conglomérat américain General Electric, à fond sur les technologies vertes, a dévoilé sa WattStation, une borne de recharge dessinée par Yves Behar (agence Fuseproject), un designer d’origine suisse, distingué en 2007 par le magazine Time comme l’un des plus grands designers du monde.

GE - WattStation

La WattStation emprunte une recette déjà utilisée par le californien Better Place, et ses bornes dessinées par l’agence californienne NewDealDesign, du designer Gadi Amit : lignes épurées et arrondies, système de LED pour indiquer l’état de la charge, approche numérique et connections envisageables avec les appareils mobiles, comme le téléphone.

La borne de GE présente un écran tactile sur le dessus, incliné de manière optimale pour accueillir l’utilisateur. Celle de Better Place joue sur un mariage raffiné entre un matériau bleu, couleur de la société, et un matériau à l’apparence de l’aluminium.

Better Place

Un marché de masse en devenir

Le californien ECOtality a aussi dévoilé sa famille de bornes de recharge, baptisée Blink, et dessinée par l’agence de design industriel Frog Design. Blink se décline en noir et blanc, avec des lignes très soignées. Elle rappelle à bien des égards la traditionnelle borne de station essence américaine, en version post-moderne.

L’enjeu est colossal car tout le réseau des infrastructures autour des véhicules électriques est à créer. De 20.000 bornes en 2010, le marché pourrait atteindre 3 millions d’unités en 2015, et représenter une valeur de 11,75 milliards de dollars, selon ABI Research. Le cabinet Pike Research, lui, vise 4,7 millions de bornes installées entre 2010 et 2015.

Alexandre Simonnet

Panorama sur les bornes de 8 sociétés  :