Solaire intégré au bâti : le marché mondial accélère (Etude)

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D’un marché de niche, le photovoltaïque intégré au bâti ou BIPV (Building integrated Photovoltaics) va accélérer dans les prochaines années pour devenir un marché mondial de 20 GW à l’horizon 2013, selon une étude du cabinet américain GTM Research. La France, la Belgique, l’Italie, l’Allemagne, mais aussi la Corée du Sud ou l’état américain de l’Ontario présentent aujourd’hui les tarifs d’achat les plus élevés au monde et stimulent le secteur. Avec un tarif de 58 centimes le kWh, le BIPV est même devenu une spécificité forte du solaire en France.

L’Europe en pointe

Une puissance de 20 GW de BIPV dans le monde en 2013, c’est un marché estimé à 60 milliards de dollars, estime GTM Research. Moins optimiste, le cabinet américain NanoMarkets prédit un marché global de 8,2 milliards de dollars en 2015, dans une étude publiée en juillet dernier.

Par comparaison, le marché européen du BIPV, en 2007, était estimé à 143 millions d’euros selon le cabinet Frost & Sullivan. Or, l’Europe est le continent le plus en pointe sur le BIPV, grâce notamment à Allemagne et à la France. D’un marché de niche européen, le secteur du BIPV s’étend aujourd’hui au niveau mondial, analyse GTM Research.

Comparaison des tarifs les plus attractifs dans le monde

Baisse des prix en vue

L’élargissement de la demande se fait parallèlement à l’accroissement de l’offre. Les premières générations de BIPV consistaient à poser des modules solaires directement sur les bâtiments avec un minimum de considération esthétique et de caractéristiques d’intégration. Aujourd’hui, le concept a évolué vers des systèmes BIPV qui s’intègrent dans l’enveloppe du bâtiment, fournissant d’autres fonctions que la production d’électricité (considération thermique, étanchéité, ombrière, design, etc.).

Les technologies sont également plus compétitives et plus adaptées. Une baisse des prix est annoncée par GTM Research, parallèlement à l’augmentation des volumes. Le prix du BIPV est susceptible de passer à 1,20 dollar le watt en 2013, indique le cabinet, soit 0,90 €/Wc.

Aujourd’hui, suivant les technologies, le coût se situe entre 1,3-1,8 $/Wc sur du silicium cristallin, 0,90$/Wc sur des couches minces CdTe (comme celle de l’américain First solar) et 1,5-2 $/Wc sur des couches minces CIGS, selon GTM Research.

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De nouvelles approches solaires

L’arrivé à maturité des technologies solaires à couches minces, et demain des technologies solaires organiques ou des cellules à pigment photosensible (technologie DSC, Dye Sensitized (Solar) Cells), ouvre d’autres applications (faible poids, matériaux flexibles, production d’énergie dans un environnement faiblement ensoleillé, intégration de couleurs, etc). La gamme des produits BIPV s’est déjà élargie vers les revêtements de toiture (bardeau, membrane imperméable), les brises soleil en façade, les vitrages, les tuiles photovoltaïques, etc.

Mais plusieurs défis restent à relever pour le développement du marché, souligne GTM Research, et d’abord celui de la concertation entre les différents acteurs (fabricant de modules, intégrateurs, métiers du bâtiments…) afin de jouer au mieux sur le design et l’intégration. L’instauration de normes (standards de résistance, sécurité, protection, etc.) et d’une réglementation adaptée seront aussi des leviers importants.