Un train solaire pour la SNCF, oui mais pour alimenter l’éclairage

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Un train qui roule au soleil, ce n’est pas encore pour demain. Mais le solaire s’intègre aux bâtiments, aux lampadaires d’éclairage public, aux sacs, aux toits des voitures… Les trains ne pouvaient donc pas être en reste. Un train express régional (TER) de la SNCF est désormais équipé de panneaux photovoltaïques sur son toit, un projet expérimental mené conjointement avec la région Poitou-Charente, pour un budget de 400.000 euros. Les panneaux solaires ont été fournis par Disatech, une PME de Limoges, et devrait supporter l’éclairage du train et sa climatisation.

250.000 euros de la SNCF

Le train vient d’être présenté par la SNCF au centre de maintenance de Saintes (Charentes-Maritimes). La région Poitou-Charente, par la voix de sa présidente Ségolène Royale, a souligné que la région avait déjà été pionnière en faisant rouler, depuis 2007, certaines rames de TER aux agrocarburants.

Pour autant, la technologie n’est pas encore au point en 2010 pour faire rouler un train au soleil. Le TER photovoltaïque continuera donc de fonctionner au diesel. Financée à hauteur de 250.000 euros par la SNCF (60 % du budget) et 150.000 euros par la région Poitou-Charente, l’expérimentation doit durer 3 ans.

Eclairage et climatisation en ligne de mire

Cette phase de recherche analysera le comportement du matériel, et les évolutions du photovoltaïque, pour voir s’il sera un jour possible d’envisager des applications solaires plus importantes dans le transport ferroviaire.

Les spots halogènes de 20W du train seront remplacés par des spots LED 3W pour limiter la consommation d’énergie. De même, le pelliculage des baies vitrées sera changé pour optimiser l’efficacité de la climatisation. Les promoteurs du projets mettent en avant également l’autonomie énergétique de la ventilation et de l’éclairage en cas de panne sur les voies.

Le solaire va t-il s’intégrer un peu partout ?

L’initiative mérite une attention particulière puisqu’elle traduit une tendance de fond ces dernières années : le solaire photovoltaïque permet d’alimenter des applications peu énergivores.

A côté de l’intégration du photovoltaïque dans le bâtiment, le solaire a trouvé une multitude de relais pour l’alimentation d’applications mobiles, ou isolées. Les constructeurs automobiles envisagent ainsi de plus en plus de mettre du solaire sur le toit des voitures. La Toyota Prius peut ainsi bénéficier en option d’un toit photovoltaïque ouvrant, qui alimente la climatisation. Plus récemment, le constructeur italien Fiat s’est associé à la société irlandaise SolarPrint pour étudier la possibilité d’intégrer des modules solaires à ses voitures.

Aujourd’hui il existe des lampadaires d’éclairage public fonctionnant au solaire. Autre développement, des start-up comme l’américaine Konarka, dont le groupe pétrolier français Total est premier actionnaire, travaillent sur l’intégration de cellules solaires organiques flexibles sur des sacs, pour recharger des appareils mobiles, par exemple.

Plus récemment, le spécialiste français de l’imprimerie Armor s’est lancé également sur le solaire organique – technologie solaire de troisième génération, plus flexible que le photovoltaïque classique au silicium ou à couches minces – avec l’objectif d’intégrer du solaire à des systèmes fonctionnels : sacs, appareils mobiles, éclairage urbain, vêtements, jouets, etc.