Aux Etats-Unis, les « maisons vertes » ont la cote

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Plastiques bios, colles à bois à base de soja, maisons labellisées économes: les constructeurs de logements aux Etats-Unis se tournent de plus en plus vers des matériaux plus respectueux de l’environnement, une tendance qui illustre le boom attendu du secteur du bâtiment vert.

De 2010 à 2015, grâce à une prise de conscience des consommateurs — et la marée noire du Golfe du Mexique y participe — le marché des bâtiments « verts » aux Etats-Unis devrait croître de 71,1 milliards de dollars actuellement à 173,5 milliards, soit une croissance moyenne de 19,5% par an, selon une étude d’EL Insights.

En outre, et cette fois sous l’impulsion des grandes entreprises, les immeubles de bureaux « verts » suivent le même chemin: leur croissance est estimée à 18% par an sur la même période, avec un marché passant de 35,6 milliards de dollars à 81,8 milliards en 2015. Le bâtiment vert devrait donc créer 2,5 millions d’emplois américains, soit une hausse de 30%.

Les entrepreneurs recherchent désormais des produits « responsables »: ainsi le groupe de matériaux en bois Columbia Forest Products a abandonné ses colles traditionnelles à base de formol au profit d’une colle à base de soja, et le groupe de produits en bois pour la construction The Collins Co. a vu sa ligne de produits plus respectueux de l’environnement gonfler à 20-25% de ses ventes, alors qu’ils étaient quantité négligeable il y a quelques années, ont indiqué leurs dirigeants à  la revue spécialisée Daily Journal of Commerce.

Plus globalement les produits issus de la chimie verte suscitent enfin l’intérêt concret des entrepreneurs, qui demandent maintenant aux chercheurs de se rapprocher des fédérations professionnelles pour accélérer le développement des nouveaux produits et surtout réduire leurs couts.

Car le prix souvent nettement plus élevé de ces matériaux reste un problème pour les entreprises, ainsi que la compatibilité de ces produits entre eux. Ainsi les colles à soja de Columbia Forest Products n’ont pu être adoptées par le groupe Collins car elles ne sont pas utilisables pour ses panneaux en bois.

Reste que la demande des consommateurs pousse au changement.  Les labels « verts » américains comme Energy Star (pour la faible consommation d’énergie) ou LEED (pour les bâtiments) sont désormais un argument de vente pour les promoteurs: Lennar et KB Home, deux des principaux constructeurs de maisons aux Etats-Unis, ont chacun lancé des gammes de maisons économes en énergie et en eau, promues comme des maisons « vertes ».

Aux Etats-Unis, les bâtiments sont responsables de 40% de la consommation d’énergie aux Etats-Unis, 12% de la consommation d’eau, 68% de la consommation d’électricité et 38% des émissions de CO2, selon le Département de l’Energie.