Loi sur le climat US : la guerre des « Bills » aura-t-elle lieu ?

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Un nouveau projet de loi sur le climat présenté par un sénateur républicain offre une alternative au projet démocrate et à son système de Cap & Trade (allocation d’un quota d’émissions de CO2 avec un marché du carbone, selon le modèle européen).

Le sénateur républicain de l’Indiana, Richard Lugar a déposé hier un projet de loi (« bill » : voir PDF EnergyBill) visant à améliorer l’efficacité énergétique des Etats-Unis tout en s’attaquant aux émissions de CO2.

Le projet de loi, qui se pose en alternative à celui porté par les sénateurs John Kerry (démocrate) et Joseph Lieberman (indépendant), vise d’ici à 2030, à réduire de 40% la dépendance en pétrole du pays vis-à-vis de l’étranger, de 11% la consommation d’énergie, de 20% les émissions de gaz à effet de serre et de 15% la facture moyenne d’électricité des ménages américains.

Pas de Cap & Trade

Contrairement au projet Kerry-Lieberman (qui table sur une réduction de 17% des émissions de CO2 en 2020 par rapport au niveau de 2005), le projet Lugar ne cherche pas à fixer un prix au carbone en instituant un système de Cap & Trade. Dans sa proposition de loi, le sénateur républicain met l’accent sur des mesures d’incitation aux économies d’énergie, l’amélioration des performances énergétiques de l’habitat, l’utilisation de carburants propres, la fermeture des usines à charbon les plus coûteuses et la promotion de l’énergie nucléaire grâce à des aides fédérales.

Suite à cette annonce, le Secrétaire à l’énergie, Steven Chu, a salué la démarche de Richard Lugar. Toutefois, il est resté dans la ligne de son administration et s’est déclaré toujours persuadué que l’attribution d’un prix au carbone était le meilleur moyen d’encourager l’investissement dans les énergies renouvelables.

Un tournant dans la mise en place d’un cadre réglementaire ?

Promptes à réagir, plusieurs organisations environnementales ont dénoncé la faiblesse des mesures proposées par le sénateur. Selon ‘The Union of Concerned Scientists’, à l’horizon 2017, la loi ne permettrait pas de réduire plus de 9% des emissions de CO2 par rapport au niveau de 2005.

Preuve tout de même que le nouveau projet de loi de Richard Lugar pourrait constituer un tournant dans la quête, très controversée, du futur cadre légal destiné à propulser la « révolution verte » sur le devant de la scène US, le sénateur républicain de Caroline du Sud, Lindsey Graham, qui a longtemps été un soutien stratégique du projet Kerry-Lieberman, s’est rallié à la proposition Lugar.

Olivier Sasportas