Hydrelis, le roi des disjoncteurs d’eau, lève 3,8 millions d’euros (Premium)

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L’entreprise lilloise (Nord), qui conçoit des disjoncteurs d’eau capables de détecter et couper des fuites d’eau, ouvre son capital au fonds d’investissement A Plus Finance, particulièrement actif dans les cleantech depuis quelques mois, qui lui apporte ...

2,7 millions d’euros, les investisseurs historiques venant en complément avec 1,1 million d’euros. Le fonds reste minoritaire, aux côtés des dirigeants et managers et de PME partenaires industriels.

Cet apport d’argent permettra à la société fondée en 2004 par Thierry Sartorius de renforcer ses équipes commerciales, en France et à l’export, et d’accélérer ses développements techniques.

Le marché de la « smartwater » en ligne de mire

L’entreprise a d’abord conçu un disjoncteur d’eau, le clip-flow (photo), commercialisé depuis 2007, quisurveille le débit d’eau de la canalisation sur laquelle il est placé, et coupe l’eau automatiquement en cas de fuite ou de rupture de canalisation. Il est destiné aux canalisations de petits diamètres. La société a d’abord ciblé les collectivités, comme la ville de Nevers – un de ses premiers clients – mais les entreprises et le résidentiel sont aussi des débouchés potentiellement importants.

Depuis cette première innovation, Hydrelis a élargi sa gamme avec d’autres produits permettant, par exemple, un télérelevé des consommations. La société développe aussi une gamme d’équipements communicants radio et GPRS, et un logiciel de télé-pilotage pour une gestion pointue des réseaux de distribution. Elle se positionne sur le marché émergent mais prometteur de la « smartwater », les réseaux intelligents de l’eau. Un marché mondial estimé à 16,3 milliards de dollars en 2020, contre 530 millions en 2009, selon le cabinet américain Lux Research.

A Plus Finance muscle ses participations dans les cleantechs

L’entreprise se positionne plutôt comme un bureau d’études, la production étant largement sous-traitée à des PME partenaires, dont Acean, Chuchu Decayeux et Somepic Decayeux. « Mais nous avons nos propres chaînes de montage dans leurs usines », précise Jacques de Tilly, le directeur commercial.

Elle vise plus d’un million d’euros de chiffre d’affaires en 2010 et emploie actuellement une dizaine de salariés, un effectif qu’elle compte doubler d’ici à la fin de l’année.

« Hydrelis présente un intérêt à la fois environnemental et économique en permettant une meilleure maîtrise de la consommation d’eau, souligne Romain Svartzman, en charge de l’investissement chez A Plus Finance. Et sa maturité technologique lui donne de nombreux atouts et une avance forte sur un très gros marché ».

A Plus Finance est de plus en plus actif dans les cleantech : dans le cadre de sa gamme de FCPI A Plus Planet, dont le premier fonds a été bouclé fin 2007, le fonds a levé 25 millions d’euros. Il a récemment investi au capital de producteur de pellets EO2 et du spécialiste de la valorisation du biogaz de décharge Bionersis, mais il s’agit de son premier investissement sur le marché de l’eau, « un secteur que l’on regardait depuis déjà plusieurs mois », poursuit Romain Svartzman.