Eolien : les objectifs 2020 difficiles à atteindre, selon Eole-RES et REpower

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Alors que le marché éolien français a subi un net ralentissement en début d’année et que le secteur est pris dans la tourmente des évolutions réglementaires du Grenelle 2, les objectifs fixés par le Grenelle de l’environnement pour 2020 sont-ils encore atteignables ? C’est loin d’être évident pour deux grands acteurs du marché, Jean-Marc Armitano, PDG de la société Eole-RES, spécialisée dans le développement de parcs éoliens et solaires, et Olivier Perot, DG de REpower France, le deuxième fournisseur des parcs en France en 2009.

Eole-RES développe l’un des plus grands parcs éoliens français d’une puissance de 52 MW, en Haute-Marne, équipé de 26 turbines REpower. GreenUnivers a fait le point avec les deux dirigeants sur le marché français à l’occasion de la visite du fabricant de mâts Siag, au Creusot (Saône-et- Loire).

Un contraste fort entre objectif et évolution réglementaire

Même si « le pire a été évité » avec le retrait de la clause des 15 MW minimum, note Olivier Perot, les points d’achoppement sont nombreux et traduisent une tendance inquiétante qui peut freiner l’investissement dans l’Hexagone. Mais il écarte cependant tout effondrement du secteur. « REpower intervient en deuxième ligne dans le développement d’un parc éolien », indique t-il, comme pour souligner qu’une partie des difficultés à venir reposera notamment sur les développeurs.

De son côté, Jean-Marc Armitano souligne « le contraste fort entre les ambitions affichées par le Grenelle et les contraintes nouvelles qui arrivent ». Et d’abord le classement des fermes éoliennes en ICPE (installations classées pour la protection de l’environnement), synonyme d’un régime administratif plus lourd.

Un impact sur les futurs projets

Les deux dirigeants pointent aussi du doigt la clause sur les zones constructibles. Le nouveau texte prévoit que les éoliennes ne pourront pas être implantées à moins de 500 mètres d’une zone «destinée à l’habitation ». Autre inquiétude, la mise en place de schémas régionaux, réalisés par les conseils régionaux, qui préciseront les zones propices pour accueillir les parcs. La définition et l’interprétation de ces dispositions pourraient devenir très restrictives.

« Les parcs en cours de développement ne devraient pas subir de contre-coup par rapport aux évolutions réglementaires, explique Jean-Marc Armitano, mais la question reste entière pour les parcs lancés aujourd’hui et demain. » Une situation compliquée qui pourrait retarder les projets et leur mise en oeuvre. De la recherche d’un site favorable à la mise en exploitation du parc, il peut déjà aujourd’hui s’écouler huit années…

Des objectifs 2020 impossibles à réaliser ?

La nécessité d’installer cinq mâts minimum par ferme est un dernier sujet d’inquiétude. Outre le fait que les petites fermes représentent une proportion importante des parcs français, Jean-Marc Arminato s’interroge sur l’avenir des projets d’extension de parcs existants, portant sur 2 ou 3 éoliennes.

Dans le cadre du Grenelle de l’environnement, la France vise une puissance éolienne terrestre installée de 19.000 MW en 2020, contre 4.700 aujourd’hui. Sur les dix prochaines années, le pays va donc devoir raccorder en moyenne plus de 1.400 MW par an pour satisfaire cet objectif. En 2009, seuls 1.088 MW ont été installés.