Marché du carbone : Tokyo inaugure le premier système de cap & trade d’Asie

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Alors qu’à l’échelon national le projet d’ETS (Emission Trading Sheme) japonais a encore de nombreux obstacles à franchir – dont celui du Parlement – et ne pourra de toute façon voir le jour avant 2011, la ville de Tokyo a pris les devants en inaugurant le 1er avril son propre programme. Sur le modèle du dispositif initié en Europe dès 2005, il impose une baisse des émissions de CO2 avec la possibilité pour les agents déficitaires d’acheter des crédits carbone et pour les agents excédentaires de les vendre sur le marché.

L’objectif de la ville est de réduire ses émissions de CO2 de 25% par rapport au niveau de l’an 2000, à l’horizon 2020. Il diffère en cela de l’engagement fixé par le pays qui vise – 25% par rapport au niveau de 1990 à cette échéance.

1100 immeubles de bureaux et 300 usines sont concernés par ce programme. Cette répartition s’explique par la très nette différence de tendance entre un secteur industriel qui a vu ses émissions de CO2 baisser de 47% de 1990 à 2006 et un secteur commercial (bureaux) qui a, lui, enregistré une hausse de 31,1%.

Une réduction en deux temps

L’effort de réduction devra s’étaler sur deux périodes de cinq ans, avec une première réduction de 6% entre 2010 et 2014, puis de 17% entre 2015 et 2019. A titre de comparaison, l’ETS Européen prévoit -5,7% entre 2008 et 2012 et -21% entre 2013 et 2020.

Tokyo est le premier et seul membre asiatique de l’ICAP (International Carbon Action Partnership) qu’il a intégré en mai 2009. L’ICAP regroupe différents types d’autorités publiques ayant établi, ou sur le point de le faire, un marché carbone sur la base d’un système de cap & trade avec un plafond d’émissions bien défini. Cette organisation regroupe actuellement 29 membres.

Fidèle à sa logique d’initiative locale, le système de cap & trade de la ville de 13 millions d’habitants ne permet pas aux entreprises mises en défaut par leur impératif de réduction d’acheter plus de 1/3 des crédits carbone nécessaires en dehors de Tokyo. Les premières transactions débuteront avec l’année fiscale 2011.

Par Olivier Sasportas, correspondant en Chine