L’éolien offshore à plusieurs vitesses: la Grande-Bretagne court, les USA démarrent, la France hésite

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Alors que s’ouvre en France un débat houleux sur le premier projet de parc éolien offshore, d’autres pays accélèrent: la Grande-Bretagne a tout juste franchi le cap des 1 GW installés et les Etats-Unis viennent d’autoriser leur premier parc, au large de l’île de Nantucket, après des années de controverse.

Championne mondiale de l’éolien offshore, la Grande-Bretagne, qui prévoit près de 7.000 éoliennes au large de ses côtes pour 2030, vient de franchir la barre des 1 GW d’éoliennes en mer, de quoi alimenter 700.000 foyers. Le pays compte désormais 13 parcs en mer et attire tous les constructeurs de turbines, qui ouvrent des usines sur son sol.

De quoi faire rêver les pro-éoliens français, qui se préparent à une difficile bataille: la France vient d’ouvrir mercredi un débat public sur un premier projet de parc offshore, au large du Tréport, qui prévoit 140 éoliennes à 14 km de la côte.

La population est invitée à s’informer et s’exprimer pendant plusieurs semaines dans un débat organisé par  la Commission particulière du débat public (CPDP). Cette procédure de concertation sur ce projet dit « des Deux Côtes » est une première en France.

La CPDP rendra son rapport cet automne et l’installateur aura trois mois pour indiquer la suite qu’il donne à son projet.

Côté éolien terrestre également, la bataille fera rage autour du débat parlementaire sur la loi Grenelle 2, en passe de s’ouvrir. Les anti-éoliens ont préparé de violents éléments de langage qui ont été publiés (par erreur ?) sur le site de la très active association anti-éolienne Fédération environnement durable.

Son objectif: obtenir un vote contre le volet éolien du projet de loi Grenelle 2, qui durcit pourtant les conditions d’autorisations des parcs, comme le recommande aussi le rapport Ollier, jugé très défavorable à l’éolien.

Sans doute la raison pour lesquelles les parcs éoliens français déjà installés deviennent une denrée rare et chère, de plus en plus convoitée par les fonds d’investissement qui les rachètent au prix fort.

Le même cas tranché aux USA

Coïncidence, c’est également cette semaine que le gouvernement américain vient d’autoriser un parc offshore très similaire à celui du Tréport, qui sera installé au large de la charmante île de Nantucket. Un projet qui était farouchement combattu par les riverains, dont les Kennedy, mais aussi par les tribus indiennes qui estimaient leur héritage culturel menacé d’être défiguré.

Ce projet de Cape Wind, près de l’île de Nantucket sera juste un peu plus petit que prévu et un peu plus loin des côtes, pour ne pas trop gêner la vue : ce projet d’un milliard de dollars sera ramené de 170 à 130 éoliennes, soit 468 MW de puissance.

La Chine vient elle aussi d’achever la construction d’un premier parc offshore et ces derniers jours l’Allemagne a mis en service et raccordé au réseau le premier parc allemand, dit Alpha Ventus.