Le marché du carbone pourrait coûter cher aux contribuables américains

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Voilà une information qui risque de refroidir les Américains : si le marché du carbone prévu dans le projet de loi sur l’énergie est adopté, il pourrait coûter, en moyenne, 460 dollars par an aux contribuables jusqu’en 2050, selon une nouvelle étude.

Barack Obama avait annoncé son intention de créer un marché du carbone pour réduire les émissions de CO2 : un dispositif dit de « cap & trade » sur le modèle de ce qui existe en Europe depuis 2005 avec un plafonnement des émissions de CO2 et la possibilité de vendre et acheter des crédits carbone.

Le dispositif est prévu dans le projet de loi « American Clean Energy and Security Act », qui n’a toujours pas franchi l’obstacle du Sénat. Mais devant l’hostilité des industriels américains, le président américain s’est ensuite montré plus hésitant. L’étude réalisée par le Congressional Budget Office ne va pas l’aider à passer en force : selon ses projections, une fois déduites les différentes compensations envisagées, le coût estimé pour les citoyens américains pourrait s’élever à 460 dollars par an sur la période allant de 2012 à 2050. Le CBO est chargé de fournir des analyses objectives et impartiales au législateur sans émettre de recommandations politiques.

Un impact non négligeable sur le PIB

Etabli en vu de répondre à la requête du parlementaire républicain Christopher Smith, le rapport reconnaît l’existence d’un fort consensus parmi la communauté d’experts quant aux conséquences « hautement incertaines » mais « potentiellement graves et coûteuses » qu’aurait sur le climat une accumulation « infléchie » de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Mais selon les calculs du CBO, l’impact du « cap & trade » sur le PIB des Etats-Unis pourrait être de -0,1% en 2012, -0,5% en 2030 et -0,8% en 2050, à mesure que la contrainte s’intensifiera. Sur les bases de 2010, la perte de pouvoir d’achat pour le contribuable passerait ainsi de 90 dollars en 2012 à 930 dollars en 2050.

Par ailleurs, le rapport met l’accent sur le rôle que devraient jouer les crédits carbone générés à l’étranger, dans le calcul du coût supporté par les citoyens américains. Compte tenu de la limite de la compensation internationale autorisée par le projet de loi, CBO prévoit une hausse constante de la demande américaine jusqu’en 2031, date à laquelle le quota du pays sera atteint. Tablant sur de similaires limitations adoptées par les marchés du carbone étrangers, le rapport prévoit une baisse des prix des crédits dans le cadre de la compensation internationale à partir de 2031.

Olivier Sasportas