Les Verts Australiens proposent l’instauration d’une taxe carbone

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Le parti des Verts et son leader Bob Brown ont interpelé le gouvernement de Kevin Rudd en début de semaine, en proposant de mettre au coeur des débats parlementaires des trois prochaines semaines l’instauration d’une taxe carbone comme alternative provisoire au projet de loi de marché du carbone (Cap & Trade), pour le moment embourbé entre la chambre basse du Parlement et le Sénat.

L’initiative des Verts est soutenue par une large coalition de mouvements environnementaux et associatifs, tels que le World Wildlife Fund ou l’Australian Council of Social Services, qui voient dans cette taxe un minimum commun sur lequel ils peuvent s’accorder.

La taxe proposée serait de 20 dollars la tonne de CO2, indexée sur l’inflation + 4% chaque année, et effective dès le 1er janvier 2011.

Selon la sénatrice « Verte », Christine Milne, cette taxe donnerait enfin la certitude de voir désormais un prix du carbone orienté à la hausse « à des investisseurs de plus en plus impatients ».

Un projet controversé

Le projet du gouvernement d’établir un CPRS – Carbon Pollution Reduction Scheme – a été rejeté pour la deuxième fois devant le Sénat en décembre dernier. Il est ensuite repassé devant la chambre basse où le parti de Kevin Rudd est majoritaire, et a été adopté en deuxième lecture par 79 voix contre 57, selon le porte parole de la chambre des représentants.

Mais en l’état actuel des équilibres politiques, tout indique qu’il ne passera pas l’obstacle obligatoire du Sénat. D’autant que le nouveau leader de l’oppositon, Tony Abbott a  fait une contre-proposition en se déclarant pour la création d’un fonds qui investirait jusqu’à 1,04 milliard de dollars US par an afin réduire les émissions de CO2.

Alors que le prochain scrutin fédéral devra se tenir dans les prochains mois, la proposition du parti des Verts pourrait offrir au gouvernement la seule possibilité à court terme de faire un geste envers un électorat favorable à des mesures pour la réduction des émissions de CO2. A moins que le Premier ministre Kevin Rudd ne tranche pour des élections anticipées. Ce cas de figure envisagé par de nombreux observateurs politiques australiens impliquerait le renouvellement non pas d’une, mais des deux assemblées. Dans l’hypothèse d’une double majorité des travaillistes, tous les espoirs seraient dès lors permis pour voir le projet de marché du carbone aboutir.

Par Olivier Sasportas, correspondant en Chine

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