Bioplastiques : un nouveau débouché pour la filière agricole

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Avez-vous déjà entendu parler des « bioplastiques » ? Moins d’un Français sur dix répond positivement, selon une enquête d’opinion réalisée par l’institut BVA* pour l’association Passion Céréales et le Club Bio-plastiques et présentée à l’occasion du Salon de l’Agriculture. Pour cause, ces plastiques issus de matières végétales et biodégradables ne représentent qu’une goutte d’eau du marché européen du plastique : 0,2% ! Pourtant le secteur semble prendre son envol. La filière agricole française – blé, maïs, pommes de terre – s’intéresse aux débouchés offerts par la chimie verte dans les produits du quotidien.

Une offre en croissance

Si la notoriété des bioplastiques et la demande sont encore faibles, l’offre, en volume, est attendu en forte croissance dans les années à venir : entre 15 et 20% de hausse, selon les estimations.

« Nous pouvons apporter des solutions là où les plastiques traditionnels (dérivés du pétrole, ndlr) posent des problèmes, en termes de pollution de l’environnement par exemple », explique Christophe Doukhi-de Boissoudy, président du Club Bio-plastiques. Cette association française réunit la filière bioplastique dans le monde de l’agriculture (producteurs de blé, maïs et pommes de terre, amidonniers-féculiers et fabricants de bio-plastiques).

10 à 15% de part de marché en 2015

L’association prévoit ainsi entre 10 et 15% de produits bio-sourcés sur le marché en 2015. Une visite de la Maison des céréales, présentée par l’association Passion Céréales sur le Salon de l’Agriculture, permet de se rendre compte de l’éventail des possibilités : emballages et sacs poubelles biodégradables (avec les sociétés Biolice, Alfapac, Sphère), cotons-tiges (Novamont), rasoirs jetables (Bic), textiles d’origine végétale, couettes, oreillers, moquettes, (Ingeo, Sommer Needlepunch) ou encore produits nettoyants (Bio Attitude).

En amont, les producteurs français de blé, de maïs et de pommes de terres regardent de près ces nouveaux débouchés, en plus des marchés de l’alimentation. La féculerie du français Sphère, située à Haussimon (Marne) permet ainsi d’extraire de la pomme de terre, cultivée dans le nord-est de la France, la fécule, une matière constituant de l’amidon, à partir duquel il est possible de produire des granulés de bioplastique.

Un produit encore cher

En termes d’impact sur l’environnement, les deux tiers des français interrogés par BVA estiment que les bioplastiques peuvent apporter des solutions. Et ce malgré les inconvénients représentés par le mode de production des matières premières agricoles (pesticides, engrais) et la concurrence exercée sur l’alimentation humaine.

Mais de nombreux freins existent encore avant un développement conséquent. Et d’abord le prix. Alors qu’il y a dix ans, les bioplastiques étaient en moyenne 10 fois plus chers que les plastiques traditionnels, ce surcoût est aujourd’hui estimé entre 1,5 et 3 fois plus, selon Christophe Doukhi-de Boissoudy. A l’avenir, la parité avec les plastiques issus des matières fossiles dépend de nombreux facteurs, comme le prix du pétrole ou l’environnement réglementaire et fiscal.

Alors que les plastiques issus des matières agricoles sont déjà commercialisés, d’autre voies de la chimie du végétal sont explorées, à l’instar de la fermentation de bactéries avec le français Metabolic Explorer, ou la culture de micro-algues avec Fermentalg.

* Enquête d’opinion réalisée du 28 janvier au 1er février, auprès d’un échantillon national de 1065 internautes, représentatif de la population française.