Les tortues font reculer (un peu) un projet solaire en Californie

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Les défenseurs du désert californien de Mojave et de ses tortues, une espèce menacée, combattent depuis des mois les pharaoniques projets de centrales solaires qui se multiplient dans la région. Ils viennent de remporter une petite victoire, mais sans enrayer le mouvement : l’un des plus actifs groupes de solaire thermique, la société BrightSource, a décidé de réduire un peu la taille d’un de ses projets, pour expulser moins de tortues.

Le projet Invanpah de BrightSource, l’un de ses principaux projets, prévoyait jusqu’ici d’installer 440 MW de centrales solaires thermiques — où des milliers de miroirs renvoient la chaleur solaire vers des réservoirs remplis de liquide, dont la vapeur fait tourner des turbines qui produisent de l’électricité.

Pour calmer les défenseurs des tortues du Mojave (le désert où a été tourné Bagdad Cafe), BrightSource a finalement accepté de ramener ce projet à 392 MW, soit une diminution de 12%, alors que le processus d’autorisation est en phase finale.

Océan de miroirs en plein désert

Ivanpah doit abriter un océan de miroirs sur une superficie de 16,4 km2, répartis en trois centrales distinctes. Deux de 100 MW, sur 3,4 km2 chacune, équipées chacune d’une tour-réservoir centrale de 143 mètres de haut, dont la vapeur fera tourner une gigantesque turbine Siemens. Une troisième centrale de 200 MW, sur 6,5 km2, devait utiliser 5 tours-réservoirs.

Au total, environ 200.000 héliostats (chacun comprenant deux miroirs de 7 m2) devaient être installés en anneaux concentriques autour des tours-réservoirs.

Pour épargner les tortues et les plantes rares des zones de ses futures centrales, Brightsource va réduire de 23% la taille de la troisième centrale, le nombre des tours-réservoirs sera ramené de 7 à 4 et le nombre de miroirs sera diminué de 40.000.

Grâce à cette diminution, BrightSource estime qu’il pourra réduire de 15% le nombre de déménagement de tortues qu’il a dû s’engager à effectuer, et qui l’ont obligé à acheter trois fois plus de terrain que nécessaire pour ses centrales. La réduction de la taille des projet épargnera aussi une zone particulièrement riche en plantes rares.

L’eau nécessaire (surtout pour laver les miroirs) doit être fournie par des puits creusés à proximité mais selon BrightSource ce projet nécessitera une consommation d’eau limitée.

Le projet n’a pas encore surmonté tous les obstacles: cette semaine, les autorités locales du comté de San Bernardino se sont déclarées contre Ivanpah, qui selon elles n’apportera pas assez d’emplois à son district et lui nuira économiquement.

Ce n’est qu’une fois accordés tous les feux verts des autorités locales et de Californie (California Energy Commission et Bureau of Land Management, qui gère les terrains) que pourra commencer sa construction.

Pour l’instant, tous ces projets démesurés n’existent encore que sur le papier, mais les acteurs locaux attendent impatiemment leur concrétisation et les emplois qu’ils doivent procurer.

Voir aussi: les plus gros projets de centrales thermiques mondiaux