Deal à 100 millions entre l’Etat et Renault sur la voiture électrique

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En matière de véhicule électrique, l’Etat patine avec Heuliez, pour lequel il cherche un nouveau repreneur, mais avance avec Renault ! Il va accorder un prêt à taux zéro de 100 millions d’euros destiné à soutenir l’industrialisation des véhicules électriques Zoé Z.E. et Kangoo Z.E. Ce prêt est destiné aux sites de Flins, dans les Yvelines, et Maubeuge, dans le Nord.

Assorti de conditions, ce soutien confirme la politique du gouvernement en matière de mobilité électrique. Il a déjà annoncé viser 2 millions de véhicules électriques à l’horizon 2020 et doit organiser un premier appel d’offres pour 50 000 modèles.

Adapter les lignes de production aux véhicules électriques

De son côté, Renault affiche de grandes ambitions, visant le leadership mondial sur ce segment. Il prévoit d’inonder le marché à partir de 2011 et compte notamment sur son partenariat avec le californien Better Place.

La commercialisation de la Zoé, micro-citadine 4 places électrique, doit commencer au second semestre 2012. L’usine de Flins prévoit dans un premier temps une capacité annuelle de 100 000 unités. Une partie des 100 millions d’euros du prêt servira à adapter la chaîne de production à la Zoé, l’autre s’adresse au site de production du futur utilitaire Kangoo Z.E, à Maubeuge.

Un soutien sous conditions

Mais l’Etat impose en contrepartie des conditions à Renault :  outre la pérennisation des emplois sur les différents sites, 40% des équipements des futurs véhicules devront donc être achetés en France. Cette part, considérée comme faible par le gouvernement, pourrait atteindre plus tard 70%. Le but étant de favoriser les équipementiers automobiles présents dans l’Hexagone, et le renforcement de toute une filière.

Actionnaire de Renault à hauteur de 15%, l’Etat était monté au créneau en janvier dernier sur la question d’une probable délocalisation de la future Clio 4 en Turquie. Devant ce mécontentement, Renault s’était engagé à produire une partie de la Clio 4 sur le site de Flins, là où est produite actuellement la Clio 3, et où sera produite la Zoé Z.E.

Suite à l’affaire de la Clio 4, l’Etat a également décidé de participer, à l’avenir, au Comité de stratégie industrielle de Renault.

A Flins, l’Etat français soutien déjà une future usine de batteries de Renault, via le Fonds Stratégique d’Investissement (FSI), qui apportera 125 millions d’euros, et le CEA, qui versera 5 millions d’euros. Cette usine de batterie, d’une capacité de 100 000 unités par an à partir de mi-2012, pourra fournir également d’autre constructeurs.