Champions européens: Iberdrola qui rit, Q-cells qui pleure

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Alors que le leader européen et mondial de l’éolien, Iberdrola Renovables, filiale d’énergies nouvelles de l’espagnol Iberdrola, a accru son bénéfice d’exploitation grâce à l’éolien américain, le géant allemand des cellules solaires, Q-Cells a essuyé une perte colossale et vu ses ventes laminées par la baisse des prix du solaire, sous l’effet de la surproduction chinoise.

Iberdrola Renovables, filiale de l’espagnol Iberdrola, a accru son bénéfice d’exploitation en 2009, grâce à l’augmentation de ses capacités éoliennes aux Etats-Unis, et au démarrage d’un très grand parc terrestre en Ecosse, Whitelee.

Iberdrola, qui dispose à ce jour d’une capacité éolienne de 10,75 GW, a vu son bénéfice d’exploitation (EBITDA) augmenter de 11,8% à 1,325 milliard d’euros contre 1,185 milliard en 2008. Cependant son bénéfice net a un peu reculé, à 371 millions (-4,9%) en raison d’une baisse des prix de l’électricité en Espagne.

Son moteur, les aides américaines

L’expansion américaine a largement été le moteur d’Iberdrola Renovables cette année : le groupe a accru ses capacités mondiales de 2,18 GW en 2009, dont 1,241 GW aux USA où 468 MW supplémentaires sont en phase de test. Fin 2009, il comptait 10,75 GW d’éoliennes installées.

Iberdrola Renovables a investi l’an dernier 1,565 milliard d’euros aux Etats-Unis où le gouvernement fédéral lui a accordé 577 millions de subventions, un élément clé pour sa croissance.

Iberdrola a 937 MW d’éolien en construction, dont 446 MW aux Etats-Unis. Son objectif reste d’atteindre 12,5 GW d’ici fin 2010, et prévoit cette année une hausse de 20% de son bénéficie opérationnel.

Autre atout clé pour le groupe, cette fois en Europe, l’attribution, avec son partenaire Vattenfall, du futur parc éolien au large des côtes britanniques de Norfolk Bank (7,2 GW), dans le cadre de l’appel d’offre de la Couronne en janvier, qui bénéficie de l’un des meilleurs emplacements et d’importantes infrastructures de transmission.

Pour y parvenir, sa maison-père Iberdrola investira cette année 18 milliards d’euros, dont 9 milliards pour les énergies renouvelables, surtout l’éolien et 6,3 milliards pour les réseaux de transmission. Sur le total 7 milliards seront investis aux Etats-Unis (39% du total) et 4,5 milliards au Royaume-Uni (25%) et 4,3 milliards en Espagne (24%).

Q-Cells dans le rouge

En revanche, Q-Cells a essuyé en 2009 la première perte de son histoire, alors que le secteur solaire allemand est déprimé par l’imminente baisse des aides, qui devraient baisser de 16% en juillet prochain.

Q-Cells a enregistré une perte de 1,36 milliard d’euros sur son exercice 2009, davantage que la perte de 1 milliard prévue par les analystes. Au seul quatrième trimestre, le groupe a perdu 411 millions d’euros, en raison d’importantes dépréciations.

Un déficit provoqué par une chute de 35% du chiffre d’affaires annuel à 801 millions d’euros, contre 1,25 milliard en 2008, alors que les prix des cellules photovoltaïques a dégringolé sur fond de crise économique et de concurrence accrue des fabricants chinois.

Les aides allemandes, un moteur qui s’essouffle

Créée en 1999, Q-Cells a profité des subventions de l’Etat allemand aux installations solaires pour croître rapidement, passant de 17,3 millions d’euros en 2002 à plus d’un milliard en 2008.

Q-Cells vise un retour rapide dans le vert mais se refuse à tout objectif chiffré pour 2010. Il espère un redressement de la demande mondiale et une nouvelle baisse du prix du silicium, matériau de base des cellules photovoltaïques. Le groupe avait déjà supprimé 500 emplois sur 2.600 en 2009, délocalisé en Malaisie une partie de sa production et renégocié des contrats d’achat de silicium.

Mais 2010 s’annonce elle aussi délicate : Berlin compte réduire ses aides et le secteur redoute la perte de milliers d’emplois.

Le groupe berlinois Solon, concurrent de Q-Cells, a lui aussi souffert : il a enregistré une perte de 276 millions d’euros en 2009, contre un bénéfice de 33 millions d’euros en 2008.