2,8 millions de véhicules à hydrogène sur les routes en 2020 (Etude)

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Alors que la pile à hydrogène à domicile vient de faire sensation avec l’américain Bloom Energy, et plus modestement avec le singapourien Horizon, l’hydrogène dans les transports n’est peut-être pas une réalité économique si lointaine. Le cabinet américain Pike Research prédit plus de 2,8 millions de véhicules carburant à l’hydrogène dans le monde, à l’horizon 2020.

Plusieurs indices, chez les constructeurs au Canada et en Europe, laissent penser que ce type de motorisation pourrait être commercialisé doucement dans la prochaine décennie.

23,9 millions de dollars de ventes en 2020

La commercialisation de véhicules légers à pile à combustible débutera vers 2014 dans diverses régions du monde, estime Pike Research dans son rapport, avec un dynamisme plus marqué en Europe Occidentale et en Asie Pacifique, par rapport aux Etats-Unis. Le cabinet estime à 23,9 milliards de dollars la taille du marché annuel en 2020 (17,7 milliards d’euros).

Ces prévisions semblent pourtant optimistes. Par comparaison, les voitures 100% électriques ne sont pas encore commercialisées, malgré la prolifération des modèles. Le cabinet PricewaterhouseCoopers ne prévoit, par exemple, que 400 000 unités électriques en 2015, soit 0,5% du marché estimé. Les défis du tout électrique relativisent un développement rapide de l’hydrogène.

Car outre la nécessité de développer des véhicules à pile à combustible à des prix attractifs, la grande question reste celle de la mise en place des infrastructures de ravitaillement, avec de l’hydrogène produit à partir de sources d’énergie propres. Comme une grande majorité de constructeurs automobiles est favorable à l’hydrogène, la pression est forte sur les compagnies pétrolières et les gouvernements, indique Pike Research.

Un développement qui passe par les transports en commun ?

Les autobus équipés de piles à combustible seront à l’avant garde des transports à l’hydrogène, selon le cabinet. Des perspectives confirmées par des développements récents, à l’image de la flotte d’une vingtaine de bus à hydrogène déployée en Colombie Britannique au Canada, et utilisée pour les Jeux Olympiques 2010 de Vancouver.

Le français Air Liquide a développé et exploite les deux stations de recharge, à Whistler et Victoria. Un contrat de 20 millions de dollars canadiens a été signé fin 2007 pour six ans.

Parmi les nombreux projets d’expérimentation en Europe, citons les villes d’Amsterdam, Berlin, Barcelone, Londres ou encore Madrid. Elles se sont réunies au sein de l’association internationale Hydrogen Bus Alliance, afin de mutualiser les expériences.

En France, des projets timides ?

En France, l’Agence nationale de la recherche travaille sur le programme H-PAC, dans le cadre duquel un appel à projets est ouvert jusqu’au 15 mars 2010 (pdf). Mais la réglementation ne joue pas en faveur de l’hydrogène. La seule expérimentation d’envergure se trouve à Sénart au sud de l’Ile-de-France.

Un projet pilote dénommé Hynov vise à étudier la faisabilité d’un système léger de transport à hydrogène en milieu urbain, à destination de véhicules industriels et de transports en commun pour l’instant, pour des questions de rentabilité. La PME CETH, basée à Marcoussis (Essonne) et spécialiste des systèmes de génération d’hydrogène, en est le maître d’œuvre.

Les constructeurs y croient…

Au niveau des constructeurs, Pike Research identifie cinq industriels en pointe : General Motors, Honda, Toyota, Hyundai et Daimler. A l’occasion des JO de Vancouver, Mercedes-Benz Canada (groupe Daimler), a par exemple annoncé la livraison de 200 véhicules de la Classe B F-Cell dans le pays en 2010.

En Europe, Daimler vise une production en série d’un véhicule à hydrogène compétitif vers 2015. L’anglais Riversimple, un challenger, espère commercialiser son concept car alimenté à l’hydrogène, baptisé Urban Car, dès 2013.

Les grands constructeurs japonais sont aussi à l’avant-garde : Mazda, Nissan, Toyota. Suzuki va même expérimenté au Royaume-Uni, cette année, son scooter Burgman Fuel Cell, à pile à combustible. Honda va plus loin en annonçant en début d’année l’expérimentation, sur son site de R&D à Los Angeles, de son dernier modèle de « station-service domestique » produisant de l’hydrogène, grâce à l’énergie solaire.

Alexandre Simonnet