Rebond d’environ 40% des valeurs cleantech mondiales et européennes en 2009

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Windhill

Après avoir dégringolé en 2008, les sociétés cleantech cotées ont nettement remonté en Bourse en 2009, avec une meilleure performance des valeurs de l’efficacité énergétique que des énergies renouvelables.

C’est à la fois le bilan, au plan européen, de l’indicateur GREENEUROPE de GreenUnivers, et au niveau mondial de l’un des indicateurs boursiers mondiaux les plus fiables, le WilderHill New Energy Global Innovation Index (NEX), un panier de 86 valeurs, surtout américaines et asiatiques.

Le NEX a gagné 39,7% en 2009 mais est resté quasiment plat au 4e trimestre (+0,3%), après avoir chuté de 61% en 2008. Et même s’il a doublé par rapport à son plus bas du 9 mars 2009, il reste très loin (près de moitié moins) de son niveau de novembre 2007. Au 4e trimestre, la plus mauvaise performance a été celle du groupe éolien français Theolia (-43%). Côté européen, l’indicateur GREENEUROPE a crû de 41,6%, mais les valeurs européennes ont aussi patiné au 4e trimestre.

Stockage et efficacité en pointe

L’indice NEX montre des variations très inégales selon les secteurs. Ainsi les 9 valeurs du secteur du stockage d’énergie ont pris 120% en moyenne en 2009, emmenées par le chinois BYD, fabricant de batteries et de voitures électriques où a investi le milliardaire Warren Buffett, et qui a gagné 439% à la Bourse de Hong Kong.

Autre valeur en pointe, Maxwell Technologies, qui fabrique des supercondensateurs, et a pris 252% sur le Nasdaq américain.

Les 17 valeurs de l’efficacité énergétique ont gagné, en moyenne, 48%, avec notamment une envolée du groupe taïwanais Epistar (+315%), suivi du gestionnaire de la demande d’énergie EnerNOC (+308%) et du fabricant de lampes basse consommation Cree (+255%), deux groupes américains.

Les valeurs des secteurs solaire et éolien ont progressé de seulement respectivement 30% et 36% en 2009, après avoir plongé en 2008, et certaines se sont écroulées, comme le fabricant de panneaux solaires Energy Conversion Devices (celui qui veut installer une usine de panneaux en France) qui a perdu 58%, ou encore l’allemand Q-Cells qui a reculé de 54% alors que le marché solaire a enregistré pour la première fois une baisse de la demande.

Les investisseurs ont compris le potentiel de nouveaux secteurs, comme celui des transports propres, estime le patron du cabinet de conseil britannique New Energy Finance, l’un des promoteurs de l’indice NEX. Les valeurs liées aux batteries, aux voitures électriques et à l’efficacité énergétique ont affiché de nettes surperformances.

Ce mouvement devrait s’amplifier quand seront enfin déboursés les 177 milliards de dollars d’aides promises par divers gouvernements et qui devraient arriver en 2010 et 2011.

Un club qui s’agrandit

Le club des cleantech cotées en Bourse s’est agrandi en 2009 grâce à de nouvelles introductions, comme celle du fabricant de batteries américain A123 Systems, la plus grosse introduction du secteur aux Etats-Unis, ou du chinois Longyuan, leader chinois des parcs éoliens, qui a levé 2,3 milliards de dollars à Hong Kong, ce qui en fait la plus grosse introduction de l’année dans les cleantech mondiales.

Outre A123 et Longyuan, le NEX a aussi ajouté à ses listes fin 2009 le fabricant de scies pour wafers solaires Meyer Burger , qui vient de se marier avec un autre grand groupe solaire suisse, et le groupe d’efficacité énergétique de Hong Kong, Neo-Neon.

Ce cercle va certainement encore s’étendre en 2010 car plusieurs sociétés ont déjà annoncé leur intention de se faire coter, comme le fabricant de panneaux Solyndra et le fabricant de biocarburants tirés des algues Codexis. Elles seront peut-être suivies du constructeur de voitures électriques Tesla.

Selon le Cleantech Group, 2009 a vu 32 entrées en Bourse de sociétés des cleantech qui ont rapporté en tout 4,7 milliards de dollars.

En revanche ont été rayées de l’indice NEX le suisse BKW FMB Energie, le fabricant de panneaux solaires Evergreen Solar, le japonais Sharp, le groupe éolien français Theolia et le groupe belge de stockage d’énergie Umicore.

Les groupes asiatiques ont très largement dominé en 2009 les introductions dans les cleantech puisqu’ils ont levé 72% des capitaux.