Schneider et Alstom se partageront Areva T&D

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pylon3rCe seront finalement les groupes Alstom et Schneider Electric qui se partageront la filiale d’Areva spécialisée dans la transmission électrique, Areva Transmission et Distribution (Areva T&D), n°3 mondial du secteur derrière ABB et Siemens, qui leur sera vendue pour 4,09 milliards d’euros.

Poussé par Bercy, le groupe nucléaire public Areva a choisi de vendre sa filiale (qui représentait 40% de son chiffre d’affaires) à un tandem français plutôt qu’aux candidats étrangers, dont General Electric, qui s’est dit déçu.

Le marché du smartgrid

Areva T&D, longtemps considéré comme le gérant d’un métier basique et sans surprise — pylônes, câbles et sous-stations électriques — surfe maintenant sur un secteur en plein essor, à cause des efforts menés par la plupart des compagnies d’énergie mondiales pour rendre les réseaux plus intelligents (smartgrid). (Voir notre interview du patron d’Areva T&D, Philippe Guillemot)

Des réseaux qui sauront lisser les pics de la demande et communiquer avec des compteurs intelligents posés chez les usagers, capables de piloter, avec un maximum d’économies, leurs appareils électriques.

Un groupe très profitable

Areva T&D, de très loin dominant sur le marché français mais deux fois plus petit que le leader mondial ABB, a réalisé en 2008 un chiffre d’affaires de 5 milliards d’euros, sur un marché mondial des réseaux électriques de 55 à 60 milliards d’euros, soit environ 10% du marché. Mais il affiche l’un des plus forts taux de croissance (16 à 17% depuis 3 ans) et est le plus profitable.

Il emploie 31.000 des 75.000 employés d’Areva. Alstom devrait reprendre la branche Transmission de la filiale — les deux tiers de l’activité, mais la plus basique.

Schneider Electric intègrera la branche Distribution, soit un tiers de l’activité de T&D, branche qui comprend la gestion de l’utilisateur final, et donc l’extension possible à des compteurs intelligents. Des synergies en vue pour Schneider, le groupe français le plus important dans le secteur du smartgrid.

Areva avait reçu, le 9 novembre, trois propositions fermes d’achat venues des français Alstom-Schneider, de l’américain General Electric et du japonais Toshiba. La patronne d’Areva, Anne Lauvergeon, opposée à la vente de cette division très rentable, avait dû s’y résoudre, sur pression de l’Etat, afin de financer les coûteux projets de développement nucléaire du groupe. Areva a besoin de 9 milliards d’euros d’ici à 2012.

Pour rassurer les salariés, Alstom et Schneider Electric ont réaffirmé mardi qu’ils ne prévoyaient « aucune restructuration » liée à cette acquisition. Les syndicats craignaient que des sites de T&D ne fassent doublon avec des sites de Schneider et n’entraînent des licenciements.

Ironie du sort, c’est Alsthom (son nom de l’apoque) qui avait vendu cette division à Areva en 2004 pour … 900 millions d’euros.